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Le Québec inc. se réinvente: South Shore fait profiter les autres de son succès

Le fabricant de meubles aide des compagnies québécoises à percer sur les marchés

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Jean Laflamme, président de South Shore, un fabricant de meubles de Sainte-Croix-de-Lotbinière, a vu la demande exploser de 90 % à la fin mars et en avril parce que les gens ont choisi de réinvestir dans leur résidence en ce temps de pandémie.

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Voyant ses affaires exploser en période de pandémie, l’entreprise South Shore a décidé de faire profiter les autres compagnies québécoises de son expertise et de les aider à s’ouvrir vers de nouveaux marchés.

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La compagnie de meubles de Sainte-Croix-de-Lotbinière, fondée en 1940, est bien établie sur le web depuis le début des années 2000.

Son réseau est nord-américain, elle fait affaire avec les plus grands joueurs du commerce de détail.

Ses produits se retrouvent en effet sur les plateformes des géants, d’Amazon à Walmart, en passant par Wayfair, Home Depot et Staples. 

Quand tout s’est arrêté, à la mi-mars, « le volume a explosé », raconte le président de l’entreprise, Jean Laflamme.

« Dans les semaines suivantes, pour la fin mars et tout le mois d’avril, on a eu une augmentation énorme de la demande, de plus de 90 % ! »

Dans les dépenses d’un ménage, la décoration de la maison est en compétition avec les spectacles, les sorties, les voyages, analyse le dirigeant.

« Une fois que toutes ces activités sont bloquées, les gens, pour se désennuyer et avoir le contrôle sur leur environnement, ont choisi de réinvestir dans leur résidence. »

C’est dans cette mouvance que l’entreprise a décidé de mettre en branle le projet qu’elle étudiait depuis un moment. Et d’offrir à d’autres de profiter de son portail de vente et de son immense réseau de distribution. 

Réseau solide

« On s’est dit avec ce qui se passe présentement qu’on pourrait offrir à d’autres fabricants, détaillants, distributeurs du Québec et qui ont des besoins de tester des marchés un peu plus larges », précise M. Laflamme.

« On est dans le web depuis 15 ans. On a développé un réseau logistique de distribution qui est en place depuis 2004. On s’est dit pourquoi pas utiliser ce réseau et offrir à des gens qui ont des produits connexes [...] de leur ouvrir des portes ? »

Cela leur permettrait d’éviter des coûts importants.

Modalités souples

Les modalités sont souples. South Shore peut offrir ses services à l’entreprise qui part de loin et qui n’a pas encore préparé son site, les photos et descriptions de ses produits.

Ou encore, simplement servir de vitrine pour une autre compagnie qui aurait déjà un réseau de distribution bien implanté.

« On est capable de les soutenir », affirme Jean Laflamme, qui indique que des discussions sont déjà en cours avec des joueurs québécois qui pourraient être intéressés.

Si les partenariats fonctionnent, South Shore compte bien les implanter à long terme.  

L’entreprise en bref

  • Fondation : 1940
  • Secteur d’activités : fabricant de meubles
  • Chiffre d’affaires : non dévoilé
  • Nombre d’employés : 1000
  • Nombres d’usines : une à Sainte-Croix-de-Lotbinière, une à Coaticook et une à Juarez, au Mexique 

On embauche !

Alors que certaines entreprises doivent mettre à pied temporairement des employés, chez Meubles South Shore on cherche à embaucher, tant à l’usine de Sainte-Croix qu’à celle de Coaticook.

« On cherche du personnel dans différents secteurs », indique Jean Laflamme, président de Meubles South Shore.

Avec la nouvelle initiative d’ouvrir le portail à d’autres entreprises, la compagnie aura besoin de davantage de bras.

Aussi, on compte poursuivre les investissements entamés avant la crise.

« Il va falloir s’adapter, comme pour n’importe quel projet. Oui, ça va prendre des investissements en temps et en énergie. Peut-être que ça va nécessiter l’apport d’autres personnes. »

En pause forcée

Malgré que Meubles South Shore ait le vent dans le dos, elle a dû mettre sur pause les innovations qui étaient en cours.

Les équipements neufs dont l’entreprise avait fait l’acquisition viennent d’Europe.

Et quand le gouvernement a déclaré l’urgence sanitaire, les experts européens qui étaient sur place pour aider à l’installation ont dû rentrer chez eux.

« On se ramasse avec des pièces d’équipement dans nos usines qui ne sont pas finalisées. On espère les voir revenir vers la fin de l’été ou pendant l’été pour finaliser au moins l’installation pour qu’on puisse les utiliser et opérer. Avec la demande et la croissance qu’on a eues en avril – et ça continue malgré qu’on manque d’inventaire en ce moment –, il faut accélérer les investissements qu’on avait prévus », souligne Jean Laflamme.

Se préparer pour 18 à 24 mois

« Je ne pense pas qu’on revienne comme on était avant la crise », affirme Jean Laflamme.

Puisqu’on ignore pendant combien de temps cette situation perdurera, la compagnie ne prend pas de risque.

« L’Organisation mondiale de la santé a dit que ça pourrait durer cinq ans. Ils ne savent pas si on va trouver un vaccin. Est-ce que c’est une nouvelle maladie avec laquelle on devra apprendre à vivre ? On ne le sait pas. Donc, nous, comme entreprise, on se prépare pour 18 à 24 mois. Et après ça, on verra l’évolution des choses. Si c’est plus court, tant mieux ! Mais nous, on se prépare pour une crise qui va quand même durer longtemps. »