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Dieselgate: procès en septembre pour l’ancien patron d’Audi

Dieselgate: procès en septembre pour l’ancien patron d’Audi
AFP

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Francfort | L’ancien patron d’Audi Rupert Stadler comparaîtra à partir du 30 septembre dans le cadre du «dieselgate», premier haut responsable du groupe Volkswagen à répondre en Allemagne de ce scandale tentaculaire, a annoncé lundi la justice. 

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M. Stadler et trois autres cadres ou ex-cadres d’Audi avaient été renvoyés fin juillet 2019 pour «fraude», «émission de faux certificats» et «publicité mensongère» devant des juges spécialisés dans les infractions économiques.

Le procès devrait durer au moins jusqu’en décembre 2022, indique le tribunal régional de Munich dans un communiqué.

Le parquet reproche à M. Stadler, 57 ans, d’avoir continué à écouler quelque 434 000 voitures diesel équipées de logiciels truquant leurs émissions de dioxyde d’azote, alors qu’il a pris connaissance «au plus tard fin septembre 2015» de cette manipulation.

Pour l’heure, aucun haut responsable n’a été jugé en Allemagne dans ce scandale, révélé en septembre 2015, quand Volkswagen a reconnu avoir truqué 11 millions de véhicules avec un logiciel capable de les faire apparaître moins polluants lors de tests en laboratoire que sur les routes.

Ces manipulations ont plongé l’industrie automobile allemande, fleuron industriel et fierté du pays, dans une crise historique dont elle peine toujours à sortir.

Entré chez Audi en 1990 et PDG pour 11 ans à partir de 2007, M. Stadler avait été placé en détention provisoire pendant quatre mois en 2018, soupçonné par la justice de chercher à influencer des témoins.

Il s’agit d’un des derniers grands procès attendus en Allemagne, alors que Volkswagen a tiré un trait sur une grande partie du volet pénal et civil.

L’actuel PDG du groupe, Herbert Diess, et le président du conseil de surveillance, Hans Dieter Pötsch, avaient également été renvoyés en septembre dernier pour manipulation des marchés financiers. Mais ils vont éviter un procès contre une transaction financière de 9 millions d’euros en vertu d’un accord avec la justice.

L’ancien patron du groupe automobile, Martin Winterkorn, reste le dernier haut responsable encore dans l’antichambre d’un procès.

Le groupe Volkswagen a essuyé fin mai un premier revers judiciaire en Allemagne devant la plus haute juridiction civile, qui a ordonné le remboursement partiel de clients, et va désormais proposer des accords à l’amiable pour solder une grande partie des 60 000 requêtes restantes dans le pays. Et dans le cadre d’un précédent accord, Volkswagen va débourser au moins 750 millions d’euros pour indemniser 235 000 clients. 

Mais il ne s’agit que d’une petite partie de la facture totale du scandale pour le constructeur, soit plus de 30 milliards d’euros, dont plusieurs milliards aux États-Unis pour généreusement dédommager les clients.

Au civil, le dernier grand procès reste celui d’investisseurs demandant une indemnisation pour la dégringolade du cours de l’action après les révélations.

Audi avait pour sa part consenti en octobre 2018 à payer une amende de 800 millions d’euros décidée par le parquet de Munich, en raison de «manquements» à son «devoir de surveillance» concernant l’homologation de voitures diesel.