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55 montagnes en 55 mois: prêt à reprendre son grand défi

François-Guy Thivierge veut relancer son projet à bord d’un campeur

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Photo courtoisie François-Guy Thivierge n’attend que le feu vert pour reprendre là où il a laissé dans le plus grand projet de sa vie.

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Les derniers mois de pandémie ont évidemment mis sur la glace le grand rêve de François-Guy Thivierge de gravir 55 montagnes en 55 mois pour ses 55 ans, mais son projet fou n’est pas enterré pour autant. D’ici la fin de l’été, l’alpiniste entend se lancer à la conquête de l’Ouest canadien par la route plutôt que par les airs, à bord d’un campeur qu’il est en train de réaménager.

En mars, quand la vie a cessé de suivre son cours normal, Thivierge s’est vite rendu à l’évidence. Le plan, tel qu’il l’avait envisagé, n’était plus réaliste. Voyager à répétition dans des aéroports internationaux et des avions bondés, dans le contexte actuel, ne tenait plus la route.

Pas question, toutefois, de mettre une croix sur le périple qu’il planifiait méticuleusement depuis de nombreux mois. De septembre à mars, le dompteur de montagnes s’était déjà offert 14 ascensions, dont 10 qui figuraient dans sa fameuse liste de 55, réparties dans neuf pays.

Il s’agissait de revoir, à plus petite échelle, cette extraordinaire épopée.

«Il n’a jamais été question d’abandonner le projet et je pense encore pouvoir atteindre l’objectif de 55 montagnes en dedans de 55 mois parce que j’avais prévu des pauses au calendrier, de toute façon. Je refais mes forces pour mieux repartir.

«J’ai déboulé la montagne comme tout le monde, mais je serai prêt à reprendre le sac à dos dès que possible. Mes rêves de vie sont aussi importants que ma carrière», confie Thivierge.

De l’avion au campeur

Rêver, c’est noble et inspirant, mais encore faut-il que les ambitions soient réalistes. C’est pourquoi l’alpiniste a choisi de troquer l’avion pour un bon vieux campeur, qu’il entend utiliser pour les mois à venir.

C’est en campeur que François-Guy Thivierge compte voyager pour attaquer les montagnes suivantes dans son projet de 55 ascensions en 55 mois.
Photo courtoisie
C’est en campeur que François-Guy Thivierge compte voyager pour attaquer les montagnes suivantes dans son projet de 55 ascensions en 55 mois.

Ainsi, il s’attaquera avant tout aux montagnes de l’Ouest canadien, comme le mont Assiniboine, le mont Robson ou la chaîne de montagnes des Bugaboos. Une fois les frontières américaines ouvertes, la route en campeur pourrait se poursuivre aux États-Unis, dans des montagnes de l’État de Washington, au Colorado, au Wyoming et en Californie.

«On parle de 15 à 20 montagnes au total. Je pense qu’à la fin août ou au début septembre, c’est envisageable de reprendre la route pour environ un mois en campeur. Je suis très confiant. D’ici deux à trois mois, je repars ! Je ne serai pas à Toronto dans un gros aéroport, mais dans mon campeur avec tout ce qu’il me faut. C’est pas vrai qu’il n’y aura pas de déconfinement canadien», lance Thivierge.

En attendant

Pour l’instant, le résident de Saint-Ferréol-les-Neiges continue de préparer la relance de son aventure en gardant la forme. Entre le vélo de montagne, le vélo de route, la randonnée et le ski hors-piste dans des endroits peu fréquentés, il se tient prêt.

«J’ai beaucoup de gratitude d’avoir la santé et les montagnes de Saint-Ferréol pour jouer dehors», rigole le gamin de cœur. 

À plus long terme, si la situation sanitaire redevient sous contrôle, Thivierge s’imagine déjà au cœur de l’Équateur, du Pérou et d’autres pays moins touchés par la COVID-19.

«Il y a toujours moyen de poursuivre l’atteinte de ses rêves d’une autre façon», témoigne-t-il.

Le Roc Gyms fermé: des pertes financières importantes 

Il y a François-Guy Thivierge l’alpiniste, mais aussi l’entrepreneur. À titre de propriétaire du centre d’escalade Roc Gyms depuis 28 ans, il a une autre raison de maudire la pandémie.

Thivierge, qui exploite aussi Aventurex / Palissades de Charlevoix, a évidemment vu les revenus fondre bien avant la neige au printemps. Il y a longtemps qu’il ne compte plus le nombre de visites ou de voyages scolaires qui ont été annulés depuis que les installations ont dû être fermées temporairement. 

Selon lui, les pertes se chiffrent à plusieurs centaines de milliers de dollars.

«Les activités sont paralysées, mais il faut garder le moral. Je vais passer au travers et me relancer dès que ça va reprendre, quitte à opérer à plus petite échelle.

«C’est comme une récolte pour laquelle tu travailles toute une année et qui est ravagée à 50 %. Quand tu vois ça débouler, tu te sens comme un prisonnier attaché à un boulet, mais il y en a qui vivent pire que ça. J’avale ma pilule», soupire-t-il.

Le soutien de partenaires

Si Thivierge peut encore rêver de reprendre son grand projet d’alpinisme, c’est parce que ses partenaires dans l’aventure entendent continuer de l’épauler.

«Ceux qui m’appuyaient au départ ne me lâchent pas, mais d’autres partenaires que j’espérais aller chercher ne sont pas chauds en ce moment en raison de leurs budgets plus limités», signale-t-il toutefois.

Pendant que son projet est sur pause, Thivierge se console au moins à l’idée qu’il peut ouvrir les Palissades pour la randonnée et l’escalade libre, puisqu’il s’agit d’un site extérieur. 

Dans ce contexte et pour garder la forme avant de reprendre la route des montagnes, l’alpiniste en lui plonge dans le sport.

«Je m’entraîne tous les jours en respirant l’air pur. Au moins, on a encore ça», conclut-il.