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Yves Francoeur à la défense des policiers du SPVM

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Alors que les policiers du SPVM n’ont jamais été autant sous les projecteurs dans la foulée des manifestations contre le racisme et la brutalité policière, le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur, ne croit pas qu’il y ait un problème de racisme et de profilage racial au sein du corps policier.

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Dans une entrevue exclusive accordée lundi à TVA Nouvelles, Yves Francoeur, confirme que de nombreux policiers marchent sur des œufs et que certains d’entre eux, dans le contexte actuel, vont fermer les yeux sur des situations pour ne pas envenimer les choses.

«Beaucoup de sources sur le terrain disent que les interventions sont différentes. Des policiers vont préférer, dans le contexte actuel, fermer les yeux, laisser passer, pour ne pas soulever, on le comprend, le climat assez explosif. Nos policiers font du très bon travail, selon moi. Chaque année [les policiers] font un million d’interventions et on parle en moyenne de 15 ou 16 citations en déontologie, il ne faut pas charrier», explique le président du syndicat.

Il juge d’ailleurs inadéquat de faire un parallèle entre ce qui se passe aux États-Unis, la mort inacceptable de George Floyd, et la situation policière ici à Montréal.

«Je vous avoue que nos policiers prennent ça très difficilement depuis le début des manifestations parce que c’est deux réalités complètement différentes», ajoute-t-il.

Yves Francoeur trouve aussi injuste de circonscrire aux seuls policiers de Montréal les problématiques de société en matière de racisme.

«Parlons du rapport commandé par le SPVM sur les interpellations, tout le monde cite les chiffres, mais il faut lire le rapport dans son entièreté. Si on va à la page 117, les chercheurs disent mot à mot qu’il n’y a pas de distinction significative à l’égard des individus interpellés lors des interpellations et dans les actions initiées par les policiers et celles qui proviennent des citoyens via le 911. C’est pour ça que je dis que de circonscrire aux seuls policiers de Montréal les problématiques de racisme, je pense qu’on passe à côté de la track», assure le président de la Fraternité.

Favorable aux caméras portatives

La Fraternité des policiers et policières de Montréal dit être en faveur des caméras portatives.

«Nous avons toujours été ouverts, car on préfère que nos policiers soient filmés durant toute l’intervention que seulement quelques secondes et qu’on n’a pas le contexte qui fait que malheureusement, on en est rendu là.»

Le directeur Caron mal conseillé

Yves Francoeur n’est par ailleurs pas convaincu que le directeur du SPVM, Sylvain Caron, est bien conseillé dans le contexte de la gestion de la situation sur le profilage racial.

«L’opinion de tout grade confondu au SPVM sur les actions prises par le directeur Sylvain Caron est partagée présentement. La Fraternité ne nie cependant pas la problématique. Ce que l’on dit, c’est que la problématique n’est pas seulement policière, il faut aller plus loin que ça. Le comportement des citoyens est proportionnel à celui des policiers et vice versa. Nous sommes ouverts à nous améliorer, nous sommes ouverts à une meilleure formation en matière d’interpellation. Mais arrêtons de mettre sur le dos de nos policiers et policières des actions qu’ils ne font pas», conclut Yves Francoeur.