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#BlackLivesMatter: une réflexion amorcée dans l’univers du rap québ

#BlackLivesMatter: une réflexion amorcée dans l’univers du rap québ
JOEL LEMAY/AGENCE QMI

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Depuis la mort de George Floyd, les carrés noirs se sont multipliés sur les réseaux sociaux ainsi que les prises de position aux allures de mea culpa, accompagnés du mot-clic #BlackLivesMatter. Le milieu du rap au Québec a été au cœur du mouvement. 

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Imposs est un vétéran du rap québécois et l’un des membres du groupe Muzion. Le musicien et ses comparses ont marqué la culture populaire d’ici avec La vi ti nèg en 1999, sans toutefois bénéficier des mêmes opportunités que d'autres.

#BlackLivesMatter: une réflexion amorcée dans l’univers du rap québ
JOEL LEMAY/AGENCE QMI

«On n’a jamais eu le support des radios, mais les gens ont entendu la chanson quand même. C’était super organique, mais ça s’est passé pareil. Le refrain a beau être en créole, c’était clair qu’on parlait pour tout le monde, qu’on était dans un échange, dans un partage.»

Aux yeux de la rappeuse Sarahmée, le cas des radios commerciales demeure l’exemple de plus flagrant de racisme systémique au Québec.

«La vi ti nèg, selon moi, a l’étoffe des grandes chansons classiques qu’on chante chaque année à la fête nationale. C’est un hymne.»

#BlackLivesMatter: une réflexion amorcée dans l’univers du rap québ
Journal de Québec

«Muzion avait le même problème et, 25 ans plus tard, ça n’a pas changé! [...] J’ai des collègues dans le rap qui ne se cassent même pas la tête à payer du tracking radio parce qu’ils se disent qu’ils ne joueront pas de toute façon.»

Imposs estime néanmoins que le mouvement #BlackoutTuesday et la journée de réflexion qui s’est ensuivie commencent déjà à porter leurs fruits.

«Dans l’immédiat et depuis que le Blackout Tuesday s’est passé, personnellement, je ressens comme un genre de changement chez les gens en général.»

«Quelques jours après le Blackout Tuesday, j’ai sorti le premier single [Daisy] de mon prochain album, et les gens reçoivent la chanson comme un emblème, si tu veux, de ce qu’ils veulent représenter et crier plus fort.»

Le rappeur Jo Dolo a, lui aussi, sorti une chanson qui résonne fort vu le climat social ambiant et la montée du mouvement #BlackLivesMatter à Montréal. Créée avec son acolyte Syla, Blvck est une pièce musicale dotée d’un message coup de poing, en «support à toutes les [personnes] noires [qui ont été] perdues avec la brutalité policière».

L’ex-hockeyeur né Jonathan Ismaël Diaby estime également qu’il serait hâtif de fermer le dossier. Les récents événements sont venus réveiller de vieux souvenirs pour ce sportif autrefois victime de discrimination raciale sur la glace.

«C’est sûr que c’est moins pire qu’avant. Il n’y a plus d’esclavage, mais il y a encore énormément de racisme dans la société, que ce soit dans le sport, dans la vie de tous les jours ou dans la culture.»

Les alliés se mobilisent

Plusieurs musiciens blancs, comme Koriass et les membres de Valaire, y sont allés de leurs messages de solidarité.

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Photo d'archives, Agence QMI

Ébranlé par la situation, Loud a réagi sur Facebook. «En tant que rappeur, la valeur de ce que la culture noire a apporté à ma vie est inestimable: ma passion, mon lifestyle, mes héros de jeunesse et d’aujourd’hui, mes mentors et éventuellement ma carrière et mon gagne-pain.»

«Si vous consommez ma musique, venez voir mes spectacles, participez à la croissance de ma carrière et que vous êtes indifférents face à la situation, I fucked up», renchérit le rappeur.

Pour sa part, FouKi s’est senti profondément touché par la mort de George Floyd. «J'ai vécu avec un Haïtien toute mon adolescence, qui m’a partagé sa vie et sa culture avec ma chère mère adorée, et juste imaginer qu’on peut faire du mal et manquer de respect gratuitement à mon beau-père, ou qui que ce soit, pour sa couleur de peau, ça me met hors de moi», affirme-t-il dans une publication sur Facebook.

- Avec la collaboration d'Alex Proteau, 24H