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La SQDC verse pour la première fois 26 M$ en dividendes au gouvernement

Bénéfice brut d’environ 70 millions pour la première année complète d’opération

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À son deuxième exercice financier, la Société québécoise du cannabis (SQDC) génère maintenant des profits, soit plus de 26 M$, qui ont été versés au gouvernement québécois.

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La SQDC a vendu pour quelque 311 millions $ de cannabis en 2019-2020 et estime être allée chercher 30% du marché à sa première année d’activités complète, selon son rapport annuel 2020 déposé mardi à l’Assemblée nationale.

Le bénéfice brut représente environ 70 millions $ et en déduisant les charges et autres frais administratifs, la société d’État a ainsi pu dégager 26 millions $ en dividendes. 

«Ce résultat la place en tête des sociétés d’État du cannabis les plus rentables au Canada», peut-on lire dans le rapport.

Dans l’exercice précédent, qui s’échelonnait sur six mois seulement, soit d’octobre 2018 à mars 2019, la SQDC avait vendu pour 71 millions $, mais accusait un déficit de 4,9 millions $ qui s’expliquait essentiellement par les coûts de démarrage. Le PDG Jean-François Bergeron se disait alors optimiste et espérait verser environ 20 millions $ pour 2019-2020. Il aura donc réussi son pari.

À cela s’ajoute l’argent de la taxe d’accise perçue par la SQDC auprès des producteurs, qui est remis tant au fédéral qu’au provincial et qui représente cette année 120 millions $ contre 20 millions $ en 2018-2019.

Expansion

Ce premier exercice financier complet est marqué par l’expansion du réseau. L’objectif d’avoir 43 points de vente en mars 2020 est pratiquement atteint. La SQDC en a ouvert 28 dans la dernière année pour un total de 41. Ces succursales sont réparties dans 13 régions du Québec. Le nombre d’employés a quant à lui doublé, passant de 300 à 664.

Au total, 47 tonnes de cannabis ont été vendues contre 10 en 2018-2019. En un an, la SQDC est passée de 80 produits différents en magasins à environ 150 et 180 en ligne. 

Elle compte maintenant 14 fournisseurs (contre 6 l’an dernier). Ainsi, environ 40% du cannabis cultivé par les fournisseurs de la SQDC provient du Québec. Mais ces producteurs n’ont pas nécessairement de siège social au Québec. 

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«D’ici 2023, la SQDC se donne pour objectif de s’approvisionner auprès de 20% de producteurs dont le siège social soit basé au Québec», précise le document.

Encore cette année, les ventes en succursales surpassent celles en ligne (285 M$ en magasin contre 25,6 M$).

Depuis le début de la pandémie toutefois, les ventes en ligne sont en croissance et la SQDC s’attend à une augmentation durable des ventes sur son site internet au cours des prochains mois.

L’année 2019-2020 a aussi été marquée par l’augmentation de l’âge légal de 18 à 21 ans pour acheter du cannabis et l’arrivée des produits comestibles de façon très progressive à partir du 1er janvier. 

L’effet de l’arrivée de ces produits ne se fait pas encore sentir, les consommateurs continuant d’afficher une nette préférence pour les fleurs séchées : 43 000 kilos de fleurs séchées vendues contre environ 3800 kilos pour les autres produits à base d’huile.

Les effets de la pandémie n’apparaissent pas dans cet exercice financier se terminant à la fin mars 2020. Même si une hausse des ventes a été observée au cours des dernières semaines, la COVID a considérablement ralenti les chantiers de construction, ce qui forcera la société à reporter l’ouverture de certaines succursales.

«Puisque l’élargissement de son réseau de succursales est son principal vecteur de croissance financière, cela pourrait ralentir la croissance de ses ventes et donc de ses profits», indique le rapport.

Les succursales sont restées ouvertes pendant le confinement, mais fermées le dimanche depuis le 22 mars. Les consommateurs pourront toutefois de nouveau s’approvisionner en cannabis le jour du Seigneur à partir du 14 juin.