/portemonnaie/entrepreneurship
Navigation

Une app pour soutenir les PME issues des communautés noires : un service essentiel!

«On veut bâtir un écosystème où les entrepreneurs et professionnels des communautés noires pourront échanger et mettre leur expertise à profit.»

Carla Beauvais, cofondatrice de l'application UP
Crédit photo : Manoucheka Lachérie Carla Beauvais, cofondatrice de l'application UP

Coup d'oeil sur cet article

Dans les prochaines semaines, une application sera mise en ligne afin de permettre aux entrepreneurs et professionnels issus des communautés noires de se connecter entre eux et avec les consommateurs. 

La plateforme UP, pour «s’Unir et Prospérer», est le projet de quatre personnes qui ont financé l’opération sans subvention à même leurs poches. 

En m'entretenant avec Stéphanie Jecrois et Carla Beauvais, deux cofondatrices du projet UP, j'ai vite compris que ces deux femmes au parcours professionnel bien garni y voient bien plus qu’un simple bottin d’entreprise «black-owned».

Stéphanie Jecrois, cofondatrice de l'application UP
Crédit photo : Matteo Zamaria
Stéphanie Jecrois, cofondatrice de l'application UP

«On veut bâtir un écosystème où les entrepreneurs et professionnels des communautés noires pourront échanger et mettre leur expertise à profit», explique Stéphanie.

«On a de grosses communautés au Québec, mais on a du mal à savoir qui fait quoi et dans quel secteur ces personnes évoluent, ajoute Carla. Le but est de regrouper tous ces gens dans ce qu’on appelle un village technologique où on peut les aider et les outiller afin qu’ils puissent croitre.» 

Pour son lancement, UP vise à rassembler 300 entreprises sur sa plateforme, mais la mission est beaucoup plus vaste, selon Carla. 

«Ce ne sont pas que des entreprises incorporées. On vise aussi les travailleurs autonomes et les organismes. C’est pour ça qu’on a identifié des organisations qui agissent en tant que relayeurs afin d’informer les acteurs clés dans leurs réseaux respectifs. Je suis très optimiste, mais je crois qu’on pourrait avoir jusqu’à 1000 inscriptions à travers la province.»

Des critiques?                

Vous n’êtes pas trop secoué par cette nouvelle, j’espère? 

Je demande parce que j’ai eu vent que cette initiative sonnait bien effrayante pour certaines personnes. 

Pourtant, je m’explique mal pourquoi on s’offusque à l’idée que des gens partageant l’expérience singulière de faire partie d’une minorité (visible de surcroit) souhaiteraient se rencontrer dans un espace numérique pour se soutenir.  

Par exemple, on retrouve bien des répertoires web d’organismes et entreprises francophiles en Ontario et en Colombie-Britannique

Est-ce que les mêmes critiques de l’app UP s’offusqueraient aussi devant ces initiatives visant à soutenir les communautés francophones hors Québec? 

Permettez-moi d’en douter. 

Des solutions concrètes                   

«On sait que les communautés noires ont beaucoup de défis et d’obstacles, explique Stéphanie. On le voit dans les médias. On constate un taux de chômage élevé et des disparités économiques chroniques. Ce qu’on voulait, c’est aider les entrepreneurs, mais plus globalement, comment peut-on aider les communautés noires à se développer?» 

Pour comprendre pleinement la pertinence de la plateforme UP, il faut à la base accepter le fait qu’être une personne afrodescendante au Québec est source d’obstacles à plusieurs niveaux. 

Pour ma part, je l’ai constaté en personne il y a quelques années. Alors que j’étais recruteur pour une agence de placement, on m’avait donné un mandat où l’un des critères d’embauche pour le poste était «pas de noir». Pour connaître l’histoire au complet, c’est ici. 

Mais pour offrir des solutions concrètes et efficaces à une problématique si complexe, il est essentiel d’avoir accès à des données. Et c’est justement un autre mandat important de la plateforme UP selon ses cofondatrices.  

«On a fait des démarches auprès de Statistique Canada et il n’y a pas vraiment de données pour les entrepreneurs des communautés noires, raconte Stéphanie. Et il y a des frais à payer pour les obtenir.»

C’est en servant de base de données que UP amassera des informations qui permettront de mieux comprendre les enjeux que vivent les entreprises et de définir plus précisément les besoins et les habitudes de consommation de leur clientèle. 

D’ici son lancement prévu à la fin de juin, Carla et Stéphanie, ainsi que leurs partenaires Williamson Dulcé et Esther Youte, continuent de travailler d’arrache-pied en ligne et sur le terrain pour optimiser l’adhésion au projet.

Pour en savoir plus et connaître les détails du lancement, consultez le site web et abonnez-vous à son compte Facebook, Instagram et LinkedIn

Suivez-nous sur
les réseaux sociaux