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À Saint-Félicien, la pandémie rend une tigresse plus sociable

Marie-Claude, une gardienne du Zoo sauvage de Saint-Félicien, a été surprise par l'envie soudaine de jouer de la tigresse Kouma.
Photo Roger Gagnon Marie-Claude, une gardienne du Zoo sauvage de Saint-Félicien, a été surprise par l'envie soudaine de jouer de la tigresse Kouma.

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Depuis que le Zoo sauvage de Saint-Félicien est désert en raison du confinement, le comportement de sa tigresse a drastiquement changé. Kouma est plus réactive, enjouée et sociable envers ses gardiens, étonnés de cette situation inédite.  

En temps normal, la tigresse de dix ans est plutôt désintéressée par le jeu de souque à la corde installée dans son habitat.  

« Elle voit les gardiens comme les personnes qui leur apportent de la nourriture, précise la directrice générale du Zoo de Saint-Félicien, Lauraine Gagnon. Elle n’a pas tendance à jouer avec eux. »  

Au début avril, une gardienne du zoo est donc restée bien étonnée de voir que Kouma attendait avec impatience la séance de jeu.   

«Ce jour-là, lorsqu’elle a vu notre gardienne Marie-Claude, elle s’est immédiatement précipitée sur la corde pour faire une partie, se souvient Mme Gagnon. Notre gardienne n’a pas gagné!»  

Marie-Claude, une gardienne du Zoo sauvage de Saint-Félicien, a été surprise par l'envie soudaine de jouer de la tigresse Kouma.
Photo Roger Gagnon

Ce comportement a stupéfait plusieurs membres du personnel du zoo.  

«Souvent, ça tente plus ou moins aux tigres de jouer. Cette situation s’est pourtant reproduite la semaine dernière, ajoute la directrice. Depuis le début de la pandémie, ils sont très réceptifs à tout ce qui se passe d’un peu différent dans leurs journées.»  

Ce comportement de la part de la tigresse est tout à fait normal dans les circonstances, selon l’enseignante en psychologie animale à l’Université York, Suzanne MacDonald. Comme pour les humains, plusieurs espèces s’ennuient pendant le confinement et ont besoin d’être stimulées.   

« Les gardiens doivent s’assurer de combler ce manque avec des activités variées, souligne l’enseignante. Généralement, les animaux s’adaptent bien à de nouveaux standards de normalité et développent rapidement de nouvelles routines.»  

Kouma n’est pas la seule à avoir changé de comportement. Les ours blancs conservés à Saint-Félicien sont habituellement peu réactifs à la présence du public, poursuit la directrice.  

« Maintenant, ils sont surpris à la vue des gardiens. Je ne sais pas s’ils ont oublié la clientèle, mais aussitôt qu’ils aperçoivent quelqu’un, ça pique leur curiosité et ils les suivent. »  

De nouveaux protocoles  

Le 5 avril, un tigre de Malaisie hébergé au Zoo du Bronx a été diagnostiqué COVID-19 positif, ont confirmé les autorités américaines.  

En réponse à cette nouvelle, le Zoo sauvage de Saint-Félicien a rapidement adapté ses protocoles de soins auprès de tous les félins.  

« On vérifie que les équipements de nettoyage demeurent dans les habitats d’une même espèce, souligne la directrice générale. On change les vêtements de protection régulièrement. On ne veut pas que nos animaux soient malades, même si on ne connait pas la gravité qu’une contamination auprès d’un animal pourrait prendre. »  

Au Parc Safari, les équipes ont été séparées selon leur assignation dans le zoo et ne peuvent plus se rencontrer.  

« La dernière chose que l’on veut en temps de pandémie, c’est qu’il n’y ait plus d’employés pour s’occuper des animaux, affirme Joanie Lamoureux, directrice de l’animation et l’éducation au Parc Safari. [...] Lorsqu’on intervient auprès des félins, on porte une combinaison de protection complète, puisqu’on sait désormais que le coronavirus peut se transmettre à certains animaux. »  

Ouverture attendue  

Comme le Zoo de Granby et le Parc Safari, le Zoo sauvage de Saint-Félicien attend toujours le feu vert du gouvernement pour ouvrir ses portes.  

« On sait déjà que ce sera une saison catastrophique au niveau financier, explique Mme Gagnon. On doit mettre une croix sur les Européens, soit 30 % de notre clientèle et 55 000 visiteurs en moins. Nos frais fixes sont de 150 000$ par mois. C’est inquiétant, mais on préfère ouvrir à effectif réduit que de perdre une saison complète. » 

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