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COVID-19: des impacts psychologiques sur le personnel

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TROIS-RIVIÈRES | Le traumatisme vécu par certains travailleurs du réseau de la santé, comme les deux survivantes du CHSLD Laflèche, à Shawinigan, sera difficile à effacer, selon le psychologue Paul Langevin.

Au lendemain du témoignage d’Éliane Picard et Édith Lafrenière, qui ont failli mourir des suites de la COVID-19, le spécialiste croit que leur vie ne sera plus jamais la même. Les deux femmes craignent maintenant de retourner au travail.

«Un choc post-traumatique, un des premiers critères c'est que tu as peur à ta vie. Elles ont eu peur à leur vie», a confié le psychologue Paul Langevin.

«Et tu revis sans cesse ce que tu as vécu, jour après jour, a-t-il ajouté. Ça met énormément de pression. Ça peut mener à une dépression, un suicide...»

Selon ce dernier, la vie de ces préposées est transformée et elles ont besoin d'aide.

En Mauricie et au Centre-du-Québec, 75 % des travailleurs infectés sont de retour au front. Plusieurs partagent les craintes des deux préposées.

Mercredi, pour une troisième journée, le personnel de la santé revendiquait de meilleures conditions de travail.

«Ce ne sont pas les seules qui ont vécu ce type de situation», a commenté Pascal Bastarache, président du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et des métiers.

«Mettez-vous à la place des femmes et des hommes qui doivent aller dans la gueule du loup pour prendre soin de la population en sachant qu'il y a un manque flagrant du côté de la prévention», a-t-il ajouté.

Dès le mois d'avril, Paul Langevin dit avoir sonné l'alarme. Il est d’avis que les impacts de la crise sur le personnel de la santé ne sont pas à négliger. «Il faut écouter les travailleurs, a-t-il confié. Ils ont besoin d'aide et pas dans huit mois. C’est présentement qu’ils ont besoin.»

De son côté, la directrice de la santé publique au CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec, la Dre Marie-Josée Godi, affirme que du soutien est offert aux «anges gardiens».

«Des cellules psychosociales ont été déployées pour soutenir le personnel dès le début des éclosions», a-t-elle précisé.

Rappelons que le gouvernement du Québec a injecté le mois dernier 14 millions $ pour bonifier le programme de soutien psychologique aux travailleurs de la santé.

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