/opinion/columnists
Navigation

Notre devoir envers les enfants

cour d'école
Photo d’archives, Pierre-Paul Poulin La distanciation sociale pour les enfants est exagérée. La Santé publique doit jeter du lest.

Coup d'oeil sur cet article

Nos enfants ont payé un prix élevé pour la pandémie. Ils ne sont pas les seuls, bien sûr, mais leur cas est particulier puisque les données récentes indiquent la faible prise de la COVID-19 sur eux.

Je ne suis ni médecin ni spécialiste du développement des enfants. Mais je suis un père de trois enfants qui a suivi de près toutes les facettes de cette pandémie. Je partage ardemment le plaidoyer des pédiatres et autres médecins qui souhaitent un relâchement des mesures appliquées aux enfants.

Cet appel touche les points les plus sensibles en matière de développement des enfants. L’enfant a besoin d’entrer en contact avec les autres, l’enfant a besoin de jouer, l’enfant a besoin de faire du sport.

Sain développement

Les spécialistes s’inquiètent pour le bien-être des enfants. Ils craignent que les plus petits ne portent longtemps les séquelles de ces mesures de distanciation rigides. Nous devons en prendre conscience et bouger pour que les enfants retrouvent une certaine normalité.

En d’autres termes, même si nous avons admiré l’imagination et la discipline qui ont marqué le retour à l’école hors Montréal, cette lourde mécanique ne doit pas devenir la norme.

Ceci soulève l’enjeu de la rentrée scolaire de l’automne prochain. Divers scénarios sont à l’étude. Ma préférence va au scénario de l’école la plus normale possible. Des groupes complets sans distanciation à l’intérieur du groupe. Avec des activités les plus régulières possible.

Éduquer nos enfants constitue l’une de nos premières responsabilités collectives. À toutes les époques, les sociétés évoluées ont fait des sacrifices et même pris des risques afin de fournir toutes les chances à la génération suivante. Parce que c’est la bonne façon de protéger l’avenir.

En réaction à l’interpellation des pédiatres, le docteur Arruda a ouvert la porte à assouplir les règles pour les enfants. Tant mieux. J’espère que les décisions officielles suivront rapidement.

Fin d’année cahin-caha

Le Québec n’a pas su être à la hauteur des besoins de tous les jeunes durant les trois derniers mois. L’enseignement à distance a été très inégal d’une école à l’autre. Je continue de penser que la réouverture des écoles pour la région de Montréal, prévue pour le 19 mai, n’aurait pas dû être annulée.

Il semble que l’acceptabilité sociale n’y était pas. Et l’acceptabilité syndicale non plus. Pas beaucoup de rigueur et beaucoup de zigzags, voilà l’image que nous a donnée l’éducation en période de pandémie. Le secteur privé s’en est mieux sorti.

Ce que nous avons réalisé durant cette période, c’est que lorsque l’école n’est pas obligatoire, ce sont parfois les enfants en difficulté qui sont laissés de côté, pour des raisons sociales ou familiales. La rentrée de septembre doit s’opérer avec rigueur et détermination pour remettre tous les enfants sur la route de la réussite. La COVID-19 pourrait créer une cohorte malheureuse de décrocheurs.

Prenons les moyens pour protéger ceux qui travaillent auprès des enfants et des ados. Et lâchons du lest sur la distanciation sociale des enfants.