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Troublant retour en arrière

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Le projet de loi 61 sur la relance économique du gouvernement Legault se trompe d’époque.

Il rate l’occasion de prendre le virage écologique.

D’abord, le PL61 constitue la pièce maîtresse de la relance économique post-pandémie du gouvernement Legault.

On y accélère 202 projets d’infrastructures en allégeant certaines lois – comme la Loi sur la qualité de l’environnement – et certains processus d’évaluation – comme les études d’impact.

En fait, le PL61 est l’équivalent de soumettre les projets d’infrastructures d’aujourd’hui à un processus d’évaluation digne d’un autre siècle, style 1995.

Il n’y a plus véritablement de contraintes ou d’obligations ; les parcs naturels, on peut les modifier à notre aise, les zones naturelles sensibles, on peut les négliger, on peut les utiliser si cela nous plaît... 

Troublante vision

À cet égard, les propos tenus par le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, sont troublants.

« Il faut améliorer le service à la clientèle auprès des promoteurs », a-t-il affirmé en entrevue.

C’est donc cela maintenant la mission du ministère de l’Environnement : améliorer son service client ?

Cette vision affairiste que Benoit Charette confère à son ministère témoigne de la vision passéiste de la CAQ face à la crise climatique. Son angle mort politique, dit-on depuis 2018.

Le bien commun, l’intégrité du territoire québécois, l’État comme contre-balancier aux dérives possibles des entreprises, les générations futures, voilà ce qui devrait plutôt animer le ministre de l’Environnement !

Le langage des affaires, il devrait justement laisser cela aux gens d’affaires.

Occasion ratée

La crise actuelle représente une occasion, voire un espoir inespéré, pour la crise climatique.

Jamais dans l’histoire les gouvernements n’investiront autant d’argent dans nos économies.

Les prochaines années définiront un nouveau monde. 

Le projet de loi 61, comme proposé aujourd’hui, c’est non seulement une occasion ratée, c’est un retour vers un ancien monde.

2020, année de l’environnement ? Il faudra encore attendre.