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Une étude suggère le port du masque pour tous

Le taux de transmission du virus serait réduit de beaucoup

Masque
Photo d'archives, Jean-François Desgagnés Si à Québec le port du masque demeure une habitude marginale, l’Organisation mondiale de la santé conseille depuis vendredi de mettre un couvre-visage dans les lieux très fréquentés des régions très touchées par le coronavirus.

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Le port généralisé du masque dans l’espace public pourrait réduire « significativement » la propagation du coronavirus et, conjugué à des mesures de confinement, il permettrait de mitiger une seconde vague d’infections, selon une étude britannique.

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Une modélisation effectuée par des chercheurs des universités de Cambridge et de Greenwich suggère que les mesures de confinement ne peuvent à elles seules empêcher la résurgence de la COVID-19.

Même les masques artisanaux, malgré leur efficacité limitée, permettraient de réduire « considérablement » les taux de transmission du virus pourvu qu’ils soient portés par suffisamment de personnes, selon ces experts.

« Si l’on combine l’utilisation généralisée du masque facial avec la distanciation physique et un certain confinement, cela pourrait être un moyen acceptable de contrôler la pandémie et de permettre l’activité économique, avant même qu’un vaccin ne soit disponible », affirme l’auteur principal de cette étude, Richard Stutt, dans un communiqué.

Bénéfices

Les scientifiques, qui étudient habituellement les maladies des plantes, ont évalué l’effet combiné du port du masque et des périodes de confinement sur la propagation du coronavirus dans la société.

Dans les scénarios étudiés, le port systématique du masque en public par plus de 50 % de la population permettait d’aplanir les futures vagues de contamination et d’envisager des mesures de confinement moins sévères, peut-on lire dans le communiqué. Les bénéfices du masque sont encore plus évidents quand il est adopté par 100 % des gens.

L’étude révèle aussi qu’il est préférable de le porter en public, que l’on ait ou non des symptômes. Cette stratégie serait deux fois plus efficace pour prévenir la transmission communautaire que s’il est porté seulement après l’apparition des symptômes.

Le chercheur Richard Stutt pense donc qu’il devrait être adopté de façon « immédiate et universelle ». Les auteurs rappellent que les masques, particulièrement artisanaux, protègent davantage les autres que la personne qui le porte. 

Évolution des politiques

Au début de la pandémie, plusieurs gouvernements et autorités, y compris le Québec et l’Organisation mondiale de la santé, étaient réticents à encourager le port du masque à grande échelle par crainte de créer une pénurie qui mettrait en danger les travailleurs de la santé.

Le 12 mai dernier, portant lui-même un masque en conférence de presse, le premier ministre François Legault s’est mis à recommander « fortement » le port du couvre-visage en public. 

Toutefois, il ne remplace pas les règles comme la distanciation physique, le lavage fréquent des mains et l’isolement des personnes malades.

— Avec l’Agence QMI