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Fausses consultations, vrais problèmes

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Un projet de l’ampleur du tramway, pièce maîtresse du réseau structurant de Québec, implique maints changements d’habitudes chez les citoyens, et des modifications qui risquent d’affecter l’environnement où vivent certains.

Ainsi, on apprenait hier que les habitudes de circulation seront chamboulées sur plusieurs artères de Limoilou, et que les ruelles longeant la 1re Avenue pourraient être transformées pour compenser des culs-de-sac.

Le travail de la Ville de Québec, dans de tels cas, consiste à aller au-devant des inquiétudes et des interrogations, à discuter des solutions possibles en amont et à faire ressortir les avantages que présentent les options privilégiées. À Limoilou, les citoyens seront consultés en septembre. 

Malheureusement, la Ville a pris l’habitude – de nombreux citoyens et commerçants peuvent en témoigner – de placer les gens devant les faits accomplis. On leur explique des décisions déjà prises, en faisant croire qu’on souhaite discuter avec eux des avenues possibles.

« Les interventions des autorités sont présentées comme des consultations du citoyen, mais en fait, il s’agit ici plus d’informations et de mises devant les faits et décisions définitives », exprimait cette semaine Lynda Chabot, porte-parole des résidents des rues du Chalutier et des Embarcations.

Ces citoyens remettront, au conseil municipal, une pétition de 212 noms dans laquelle ils réclament une relocalisation du tracé de tramway sur Laurentienne, comme le prévoyait le plan au départ. Ils considèrent que le tramway passera trop proche d’immeubles, et craignent une perte de qualité de vie. 

Endroit précieux 

Nul ne peut leur reprocher de s’inquiéter. Il n’y a pas d’endroit plus important que celui où l’on vit, et la Ville a le devoir d’en être pleinement consciente. 

Bien entendu, les citoyens ne doivent pas s’attendre à ce que la Ville accède à toutes leurs demandes, dans tous les secteurs. Mais le point, c’est que quand on consulte, on cherche à obtenir un avis, des conseils, dans le but de bonifier le projet. 

Si tout est déjà décidé d’avance, il faudrait plutôt parler de simulacre de consultation. Et ce n’est vraiment pas ce qu’on souhaite pour le plus important projet d’infrastructure de l’histoire de la Ville de Québec.