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Pas assez de taxes???

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Un Québécois paye des taxes sur tout, même des taxes sur les taxes.

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Le Commissaire au développement durable conclut que les Québécois ne payent pas assez de taxes liées à l’environnement. Ouf !!! À l’appui de cette thèse, des comparaisons internationales qui montrent que le Mexique ferait deux fois mieux que le Québec et la Turquie trois fois mieux. Oh là là !

Je ne m’embarquerai pas dans la méthodologie risquée pour comparer la fiscalité dans diverses juridictions, mais je vais me concentrer sur la réalité vécue chez nous. J’imagine la tête de l’automobiliste moyen qui lit l’affirmation de l’insuffisance de taxes dites « vertes » au Québec.

Résumons la réalité de l’automobiliste. D’abord, le prix du litre d’essence est en majorité composé de taxes. Elles ne portent pas toute une étiquette de taxes vertes, mais le fait demeure que ces taxes font grimper la facture pour chaque passage à la station-service.

Payer sans même chialer

La dernière taxe implantée est née de la participation du Québec au marché du carbone avec la Californie. Nous avons été la première province au Canada à mettre un prix sur le carbone. Les citoyens ont payé et n’ont même pas rouspété. En France, une taxe sur le carbone moindre a provoqué la révolte des Gilets jaunes.

Cette taxe carbone coûte entre 4 et 5 cents supplémentaires par litre d’essence depuis environ cinq ans. Et vous savez quoi ? Nous payons la TPS et la TVQ là-dessus. Les taxes sur les taxes, rien de moins mon ami !

L’automobiliste paye aussi son immatriculation incluant une surtaxe pour le transport en commun dans les régions urbaines et une sur-surtaxe pour la région de Montréal. Les grosses cylindrées payent aussi une surtaxe. Selon le Commissaire à l’environnement, ces montants sont insuffisants puisqu’ils n’ont pas été revus depuis trop longtemps.

Je me permettrai d’ajouter la taxe sur les pneus et celle sur l’air conditionné. Puisqu’on parle des automobilistes, peut-on faire abstraction des milliards de taxes de vente payées pour l’achat et l’entretien des véhicules. Elles représentent une contribution majeure au trésor public.

C’est un choix

Les ennemis de l’automobile diront que tout cela est normal : c’est un choix. Oui et non. Le Québec a un territoire immense. Les régions rurales ont le droit de vivre même si les médias ont tendance à privilégier une vision de la vie provenant des villes. Or, en région, avoir un véhicule n’est pas un luxe. Pour plusieurs, il s’agit de la condition numéro un pour se rendre à son travail.

Le Québec a aussi une réalité climatique. Sans nos hivers neigeux et froid, les ventes de véhicules à quatre roues motrices ne seraient pas les mêmes et la consommation d’huile à chauffage non plus.

Finalement, ce rapport m’a fait sursauter aussi parce que « taxes insuffisantes » et « Québec » sont des termes incompatibles dans la même phrase.

Si on me garantissait que la prochaine « taxe verte » va être entièrement compensée par une baisse équivalente d’une autre taxe, je me donnerais la peine de regarder.