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SAQ: des séquelles pendant deux ans

La société d’État n’atteindra pas les cibles fixées par le gouvernement cette année en raison de la pandémie

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Jeudi, la présidente et chef de la direction de la SAQ, Catherine Dagenais, était de passage à l’entrepôt de l’organisation situé sur la rue Einstein, dans la Capitale-Nationale, pour rencontrer les employés. Environ 200 personnes travaillent dans cet établissement qui reçoit 117 000 caisses de vins et spiritueux par semaine.

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Il faudra deux ans à la Société des alcools du Québec (SAQ) pour se rétablir complètement financièrement de la COVID-19, a appris Le Journal. La direction concède déjà que la société d’État ne sera pas en mesure d’atteindre la cible du dividende fixée par Québec dans son dernier budget.

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Jeudi, la présidente et chef de la direction de la SAQ, Catherine Dagenais, était de passage dans la capitale nationale pour rencontrer des employés.

Elle a notamment discuté avec Le Journal du prochain plan stratégique de son organisation qui sera présenté au cours des prochaines semaines, des prix des produits, des indemnités de départ et des impacts de la pandémie. 

D’entrée de jeu, Mme Dagenais n’a pas caché que les dernières semaines ont eu un impact sur les finances de la société d’État. En raison de la fermeture des restaurants et des bars, et ce malgré l’augmentation de la demande des consommateurs, la SAQ a vu ses ventes «reculer de 1%» depuis avril par rapport à cette même période en 2019-2020.

Dans son dernier budget, le gouvernement provincial espérait recevoir 1,22 G$ de la SAQ pour l’exercice financier 2020-2021. Mentionnons que Québec vient de toucher 1,23 G$ (+6,9%) pour 2019-2020. 

Sans pouvoir fournir un chiffre précis, pour le moment, la présidente confirme que ce montant sera «inférieur» aux prévisions pour cette année. Elle assure que la cagnotte sera toutefois de plus d’un milliard de dollars.

«On ne fera pas ce que nous avions pensé faire avant la COVID-19. Cela va être inférieur, car on va faire moins de revenus. [...] La restauration, ça fait mal. Il y a le tourisme et il y a également l’arrêt d’événements, comme la semaine du Grand Prix. Les clients n’iront pas plus dans les succursales pour compenser», répond Mme Dagenais. «Cela va prendre deux ans avant qu’on soit aligné sur ce que l’on prévoyait faire avant la COVID-19», ajoute-t-elle.

Le nouveau plan de croissance de trois ans de la SAQ, qui sera entériné prochainement, sera axé sur l’expérience client, l’expérience employée, la responsabilité sociétale et la performance.

Une seule hausse de prix

Malgré des surplus de vins chez certains producteurs, notamment du côté de l’Europe, la SAQ prévoit une augmentation de prix sur plusieurs produits en août. Jeudi, il n’a toutefois pas été possible d’obtenir le nombre de vins et de spiritueux qui seront touchés. 

La direction justifie cette augmentation par la hausse de la taxe d’accise du fédéral, les taux de change défavorables et les impacts de la pandémie. Elle ajoute que le tarif de certains produits devrait également diminuer.

Contrairement aux dernières années, la SAQ prévoit effectuer qu’une seule augmentation de prix en 2020. La hausse prévue habituellement en novembre sera reportée à 2021, a révélé la direction.



► Dégustation

La SAQ n’a pas l’intention de mettre fin définitivement à ses services de dégustation de vins en succursale. Cette offre a toutefois été mise sur pause en raison de la pandémie, tout comme les événements visant à permettre aux consommateurs de découvrir de nouveaux spiritueux. «La dégustation est l’activité préférée des clients. Il faut que la dégustation revienne. Au cours des prochaines semaines ou mois, on va regarder comment on peut réintégrer cette offre», a noté la présidente, Catherine Dagenais.

► Impact sur les points de vente

La direction de la SAQ n’a pas l’intention de fermer de points de vente (410) au cours de la prochaine année en raison de la pandémie. «Notre réseau va bien et il est en santé», avance la présidente, Catherine Dagenais. Aucun plan de compression n’est envisagé. La société d’État analyse toutefois de nouveaux partenariats pour installer des magasins dans des épiceries. En 2017, la SAQ avait ouvert une première succursale de ce genre dans un supermarché Metro à LaSalle. «Oui, on va en avoir d’autres, note Mme Dagenais. Il va peut-être y en avoir une autre cette année», ajoute-t-elle.

► Produits québécois

La demande pour les produits québécois a explosé depuis mars. Les ventes pour les vins ont augmenté de 60% et de 80% pour les spiritueux d’ici. La SAQ mentionne que les Québécois ont également acheté davantage de produits «populaires» depuis le début de la pandémie. D’ailleurs, la SAQ a récemment annoncé à ses fournisseurs qu’en raison d’un surplus dans ses entrepôts, il n’y avait plus de commande pour des vins de spécialité en approvisionnement par lot. Il s’agit de vins offerts en quantité limitée notamment au secteur de la restauration.

Fini les «allocations de transition» pour les patrons  

La Société des alcools du Québec (SAQ) dit avoir mis un terme à sa formule «d’allocations de transition» pour les membres de sa direction. Cette semaine, on apprenait qu’une vice-présidente avait quitté l’organisation l’automne dernier avec une indemnité de départ de 488 995$.

«Les contrats des vice-présidents ont été revus au cours des dernières années. En fait, il s’agissait du dernier contrat de la sorte», a répondu au Journal la présidente et chef de la direction de la SAQ, Catherine Dagenais.

Lors du dévoilement des résultats financiers de la SAQ pour l’année 2019-2020, on pouvait lire dans les documents que l’ancienne vice-présidente des ressources humaines, Madeleine Gagnon, était partie le 2 octobre avec près d’un demi-million en indemnité de départ. 

Elle a également reçu un salaire de base de 186 532$, ainsi que 56 503$ en avantages et bonis.

Mme Dagenais a confirmé, jeudi, que le contrat de cette vice-présidente n’avait pas été renouvelé. 

Précisons qu’elle a reçu 52 000$ de plus que l’ex-président-directeur général, Alain Brunet, comme «allocation de transition».

«Il n’y aura plus d’allocation de départ. C’était lorsqu’un contrat n’était pas renouvelé. Là, ce sont des contrats indéterminés. Si je remercie un président pour aucune raison, il va toutefois, tout de même, avoir une prime de séparation», a tenu à nuancer Mme Dagenais.