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Comportement douteux: André Boisclair avait été interrogé à New York

Une plainte contre André Boisclair a forcé de hauts fonctionnaires à se déplacer aux États-Unis en 2013

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Photo d’archives, Agence QMI Un mois après avoir rencontré la directrice des ressources humaines du ministère des Relations internationales, André Boisclair quittait son poste de délégué du Québec à New York. Ci-dessus, on le voit quitter le centre opérationnel Est du SPVM, à Montréal, le 29 mai dernier, lui qui est accusé d’agression sexuelle armée pour des gestes qui auraient été commis en 2014.

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Québec a dû envoyer deux hauts fonctionnaires à New York afin de faire la lumière sur le comportement douteux d’André Boisclair à la résidence officielle de la délégation, avant de le relever de ses fonctions.

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À l’automne 2013, le gouvernement a déployé la cavalerie lourde à New York afin de tenter de régler un conflit moral qui s’envenimait entre le délégué général André Boisclair et la gouvernante de la résidence officielle de la délégation.

La femme de ménage se plaignait surtout du désordre laissé dans la maison après des soirées animées et de la façon dont le délégué la traitait, selon nos sources.

D’autres personnes ont cependant confié à notre Bureau d’enquête que la plainte portait aussi sur la consommation de drogues et la présence de jeunes dans la résidence.

La directrice des ressources humaines du ministère des Relations internationales (MRI) de l’époque, Anouk Gagné, a été dépêchée dans la Grosse Pomme pour y interroger les employés, accompagnée du sous-ministre adjoint Jean-Stéphane Bernard. 

L’ex-chef du Parti québécois, André Boisclair, avait été averti de la visite des deux hauts fonctionnaires.

Des pressions pour son rapatriement

Après ces rencontres, le gouvernement de Pauline Marois a donné deux options au délégué : « Ou bien on fait une enquête plus approfondie, avec tout ce que ça peut vouloir dire, ou bien tu te rapatries », raconte sous le couvert de l’anonymat une source politique ayant joué un rôle important dans les événements.

Le vendredi 27 septembre 2013, il était relevé de ses fonctions « à sa demande », selon le gouvernement.

Le lundi suivant en conférence de presse, il disait revenir au Québec pour défendre sa réputation face aux attaques de Jacques Duchesneau. À l’époque, l’ex-policier avait fait grand bruit en liant publiquement la consommation de cocaïne d’André Boisclair à un contrat qu’il avait accordé en tant que ministre des Affaires municipales à l’entreprise de maçonnerie LM Sauvé, infiltrée par un Hells Angels.

Selon nos sources, qui veulent garder l’anonymat, les doléances de la femme de ménage ne concernaient rien de criminel.   

« Mais on a dit à M. Boisclair que la maison servait à recevoir du monde dans le cadre de ses fonctions, pas à faire des partys », dit notre source dans le gouvernement de Pauline Marois.

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Drogue et jeunes hommes

Rappelons que notre Bureau d’enquête a révélé cette semaine que Québec a dû ramasser les pots cassés et conclure une entente confidentielle avec André Boisclair après une plainte concernant l’utilisation de drogue et la présence de jeunes dans son entourage alors qu’il était délégué général à New York. 

Les services juridiques du gouvernement du Québec ont traité ce dossier et une entente confidentielle est intervenue avec M. Boisclair, qui aura été délégué seulement de 2012 à 2013. 

L’existence d’une plainte contre M. Boisclair avait été communiquée à l’entourage de la première ministre d’alors, Pauline Marois, qui l’avait nommé à New York.

Selon nos informations, la gouvernante s’était plainte verbalement à la direction de la Délégation générale du Québec à New York des mœurs sexuelles d’André Boisclair à l’intérieur de sa chambre à la résidence officielle. 

Or, M. Boisclair a été incapable de gérer le conflit avec sa gouvernante, ce qui a forcé le MRI à intervenir. 

Différentes valeurs

À la lumière des entrevues réalisées à New York auprès des employés, les fonctionnaires auraient informé le sous-ministre du MRI Michel Audet qu’il s’agissait d’un conflit de valeurs entre André Boisclair et sa gouvernante.