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L’été gâché de Legault

Legault Arruda
Photo Simon Clark L’échec du projet de loi sur la relance économique ternit la courte session parlementaire, qui se termine en queue de poisson.

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L’idée d’un projet de loi pour accélérer les travaux d’infrastructures était bonne dans les circonstances, mais le gouvernement Legault a tellement péché par excès en voulant se donner tous les pouvoirs qu’il a frappé un mur.

Rien qu’à voir François Legault à son point de presse de 13 h jeudi, on pouvait comprendre qu’il avait jeté l’éponge.

Il a donné l’impression que son équipe avait « allumé » un peu sur le tard sur le fait que la pandémie et son impact sur l’économie constituaient une belle occasion de se donner les coudées franches dans la réalisation de ses promesses électorales de belles écoles et de maisons des aînés.

Lorsque le gouvernement a négocié les conditions de reprise des travaux parlementaires dans le respect de la distanciation sociale avec les partis d’opposition, il leur a soumis trois projets de loi qu’il souhaitait voir cheminer, dont celui modifiant la gestion du Fonds vert.

Mais il n’avait pas été question de cette tentative de fourre-tout, déposée trop tard.

« On a choisi de déposer un projet de loi rapidement », a confessé le PM, en ajoutant que s’il était bloqué par l’opposition, il serait ramené à l’automne.

Bien sûr, il a mis sur le dos de ses adversaires le poids d’un été perdu, mais il avait laissé au vestiaire son ton de bagarreur, conscient de l’issue du duel.

Vrai que les partis d’opposition auraient pu travailler avec Christian Dubé jeudi en après-midi, mais il n’en fut rien.

Et malgré les plaidoyers des maires en soirée sur les réseaux sociaux, il n’y a pas eu d’entente hier.

Projet de loi mal ficelé

Le gouvernement n’a que lui à blâmer. Presque tous les organismes et institutions qui ont déferlé en consultation lui ont fait part des dangers de dérives que constituait son projet de loi, à l’égard de l’octroi des contrats publics, des expropriations, des lois environnementales et de la prolongation de l’urgence sanitaire.

Même si, sur le fond, l’opinion publique aurait sûrement été derrière lui pour la livraison plus rapide d’écoles et d’hôpitaux, trop de voix crédibles se sont élevées pour dénoncer les pouvoirs discrétionnaires qu’il a tenté de s’arroger.

Du coup, il a raté une occasion en or, par sa trop grande gourmandise.

Malgré une vingtaine de pages d’amendements déposées jeudi matin, la pilule ne passait plus pour les partis d’opposition.

Le vrai ménage

Finalement, il faut retenir le témoignage de la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc. En soulignant quelques horreurs gouvernementales qui perdurent au Québec, la VG nous dit de faire un vrai ménage dans la machine, au lieu de chercher à la contourner.

Elle a rappelé à juste titre qu’il s’écoule de trois à quatre ans entre l’identification d’un besoin de nouvelle école et le feu vert pour sa construction ! Qu’il existe plus de 1000 systèmes informatiques qui ne se parlent pas entre eux dans le réseau de la santé.

Le défi d’efficacité est le plus gros chantier auquel doit s’attaquer le gouvernement caquiste. 

En attendant, on se rappelle aussi que, bien avant le projet de loi 61, François Bonnardel a tout même annoncé le 16 mai des investissements records de 3,2 milliards en devançant de nombreux chantiers routiers cet été. Des travaux, il y en aura. Mais on aurait pu faire plus. 

Malheureusement, le gouvernement Legault a eu les yeux plus grands que la panse, et ça s’est retourné contre lui. 

Les bulletins    

SONIA LEBEL, CAQ 

Legault Arruda
Photo Simon Clark

La ministre de la Justice et ex-procureure vedette avait affirmé : « Les enseignements, les consignes et les règles qui découlent de la commission Charbonneau sont très bien intégrés au sein de ce gouvernement. » Mais le comité de suivi des recommandations de la commission a ensuite démoli le projet de loi de relance de l’économie, prévenant qu’il réunissait les conditions pour un retour à la corruption et une flambée des prix de construction. Oups... 


CHRISTIAN DUBÉ, CAQ 

Legault Arruda
Photo Simon Clark

Son projet de loi 61 devant accélérer les projets d’infrastructures a fait l’objet d’une levée de boucliers des chiens de garde des intérêts des Québécois, de la protectrice du citoyen à la vérificatrice générale, en passant par l’Autorité des marchés publics. Le président du Conseil du trésor a essayé de passer un trop gros sapin. « J’en prends le blâme, si j’ai échappé des morceaux », a dit le comptable, repentant. 


VÉRONIQUE HIVON, PQ

Legault Arruda
Photo Simon Clark

Sous l’impulsion de la députée de Joliette, l’Assemblée nationale a adopté une motion pour que les élus profitent enfin d’un congé parental. Il est temps que l’institution se dote de meilleures mesures de conciliation travail-famille, pour que les Québécois soient représentés par des hommes et des femmes de tout âge. 


MONSEF DERRAJI, PLQ

Legault Arruda
Photo Simon Clark

Il a déposé un projet de loi pour que Québec crée un comité dans chaque région et un fonds pour la santé mentale des agriculteurs. Le ministre André Lamontagne a salué la préoccupation de l’élu de Nelligan pour cette clientèle qui trop souvent, souffre en silence. 

En vrac    

La langue de Legault

Legault Arruda
Photo Simon Clark

Piqué au vif par les questions des libéraux sur la place des femmes dans son gouvernement, le premier ministre a lancé « Shame on you » à Dominique Anglade. Nos lecteurs ont surtout déploré qu’il se soit exprimé... en anglais.


Encore plus pour Dominique

Legault Arruda
Photo Simon Clark

Ex-sous-ministre aux Transports controversée, Dominique Savoie fait tellement bonne impression à la Santé qu’on lui a confié le mandat d’améliorer les résultats du réseau à Montréal avant la 2e vague. Bonne chance avec les CISSS, CIUSSS, etc.


La citation de la semaine

Legault Arruda
Photo Simon Clark

« On n’est pas à The Price Is Right. » – Vincent Marissal, de QS, déplorant que le gouvernement cherche l’appui de l’opposition en faisant miroiter plus de projets à inclure dans le projet de loi 61.