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Racisme «systémique»: intoxication idéologique

Manifestation anti-racisme
Photo Chantal Poirier

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« J’ai entendu cinq ou dix différentes définitions à la télévision. Je pense que si, par racisme systémique, on entend que le racisme systémique est enraciné dans nos politiques et nos procédures, je dirais que nous n’avons pas de racisme systémique. »

Qui a dit cela ?

Non, pas un de ces « commentateurs identitaires », pour reprendre une expression lue dans La Presse.

C’est la grande patronne de la GRC, Mme Brenda Lucki.

Fabrication

Justin n’a pas apprécié.

Je soupçonne que Mme Lucki se fera servir la médecine administrée à François Legault : avouez, avouez que nous sommes gangrenés par un mal « systémique », avouez si vous voulez qu’on passe à un autre sujet.

La patronne de la GRC met le doigt sur le fond de l’affaire.

L’expression racisme « systémique », comme celle d’« islamophobie », est une construction idéologique plus que scientifique, donc très élastique, à laquelle l’usager donne le contenu qu’il veut.

Y a-t-il des racistes au Québec ? Évidemment.

Y a-t-il des comportements d’exclusion ou de mépris parfois inconscients ? Évidemment.

Peuvent-ils influencer le déroulement d’un interrogatoire, d’une arrestation ou le choix d’un candidat pour un emploi ? Sans doute.

Mais si vous considérez comme du racisme toute méfiance, toute incompréhension, toute mauvaise blague, tout inconfort à l’endroit de celui qui n’est pas comme nous, alors tout est du racisme.

Le Québec est loin d’être parfait, mais il est globalement accueillant et fraternel.

Seuls l’intérêt, l’ignorance ou la malhonnêteté expliquent qu’on lui applique une grille d’analyse née aux États-Unis et issue du dégoût que provoque ce qu’on y voit trop souvent.

Comment expliquer cet acharnement à vouloir y associer le Québec ?

C’est que ces gens ont un objectif politique plus large, plus ou moins bien dissimulé selon leur habileté.

Est-ce un hasard si les mêmes étaient aussi, en grande majorité, contre la loi 21 sur la laïcité ?

Et contre la charte des valeurs ?

Et contre le renforcement de la loi 101 ?

Et, bien entendu, contre le projet souverainiste, dépeint comme une entreprise de quasi-purification ethnique ?

Et pour la philosophie multiculturaliste dominante au Canada anglais ?

Non, ce n’est pas un hasard. Il y a des coïncidences qui n’en sont pas.

Qui sont-ils ? La coterie habituelle de journalistes œuvrant dans les médias que l’on sait, de chroniqueurs à sujet unique, de politiciens fédéralistes, d’activistes zélés, et de chercheurs-militants subventionnés pour trouver du racisme partout.

Ils n’ont pas besoin de se concerter, ils se comprennent.

Hostilité

Des fois, ça devient franchement amusant.

Hier, La Presse s’est offerte pour nous expliquer qu’il ne fallait pas capoter sur l’unilinguisme anglais des pancartes brandies par les manifestants antiracistes à Montréal : c’est comme ça dans le monde entier et ces gens, croyez-les sur parole, a-do-rent le français.

Avant-hier, on y trouvait une lettre hallucinante de Tamara Thermitus, ex-présidente de la CDPDJ : elle ne fut pas dégommée pour ses fautes, mais parce qu’on ne voulait pas entendre sa vérité sur le racisme.

Eh ben...

Le dénominateur commun de tous ces gens ?

Leur détestation « systémique » du nationalisme québécois, uniquement acceptable quand il est vidé de tout contenu concret.