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«Mourir en scène»: un polar grec à la Agatha Christie

Christos Markogiannakis
Photo courtoisie Christos Markogiannakis

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Dans ce roman policier de facture classique, Christos Markogiannakis met en scène un capitaine de police qui aurait certainement plu à Hercule Poirot en personne !

<b><i>Mourir en scène</i></b><br/>
Christos Markogiannakis<br/>
Éditions Albin Michel<br/>
288 pages
Photo courtoisie
Mourir en scène
Christos Markogiannakis
Éditions Albin Michel
288 pages

Originaire d’Héraklion, en Crète, Christos Markogiannakis vit à Paris depuis déjà plusieurs années. Non plus en tant qu’avocat pénaliste, mais en tant qu’écrivain : tous les jours à 8 h 30, il s’installe devant son ordi et tape à toute vitesse. C’est qu’il en a, des choses à raconter ! En plus d’avoir publié Scènes de crime au Louvre et Scènes de crime à Orsay, deux ouvrages qui se penchent sur les meurtres reproduits dans les œuvres d’art, il écrit aussi des polars, dont le second a récemment été traduit du grec.  

« En 2012, j’ai eu envie de me mettre à écrire les romans policiers que j’aurais aimé lire, explique Christos Markogiannakis. Je n’ai aucun goût pour la littérature violente qui décrit avec réalisme les trous dans la tête, le sang qui gicle partout sur les murs, etc. C’est le côté noir de la psyché humaine qui m’intéresse. Et ayant pu commencer à lire des Agatha Christie dès l’âge de huit ans, j’ai tenu à ce que mes propres histoires puissent aussi être appréciées des jeunes et des moins jeunes. »

Son principal atout ? Christophoros Markou, un capitaine de police fraîchement émoulu qui échappe à tous les stéréotypes habituels. En clair, il ne boit pas, ne se drogue pas, n’a pas de problèmes familiaux ou psychologiques et n’écoute pas de jazz. « En fait, il est tellement normal et vit de façon si spartiate que même lui ne saurait s’imaginer en héros de série policière », s’exclame Christos Markogiannakis.

Une situation explosive

Cette série policière, Christos Markogiannakis l’a entamée avec Au 5e étage de la faculté de droit. Un livre paru chez nous en 2018 et dans lequel ledit Christophoros Markou a dû faire la lumière sur deux assassinats perpétrés dans les couloirs de la faculté de droit d’Athènes. Soit justement là où il a lui-même étudié. Et faut-il l’avoir lu pour apprécier Mourir en scène, le second — et tout nouveau ! — opus de la série ? Non, pas du tout. Entre autres parce que l’intrigue se déroule dans un univers totalement différent : celui du show-business. 

Même s’il est principalement amateur de bel canto, le capitaine Christophoros Markou a en effet accepté d’assurer la sécurité de Neni Vanda. À 55 ans, la plus grande pop-star de Grèce a décidé de mettre un terme à sa très longue carrière... mais pas sans avoir d’abord donné un ultime concert sur une plage de la Riviera athénienne. On pourra d’ailleurs y assister « en direct » dans le prologue et, à l’instar des 50 000 fans présents, on ne tardera pas à voir plusieurs éclairs suivis d’un véritable feu d’artifice géant. Malgré toutes les précautions prises par Christophoros et son équipe, l’estrade sur laquelle Neni Vanda se tenait il y a encore quelques secondes vient d’exploser... 

Le chant du cygne d’une diva

« Il y a une chanteuse grecque que j’aime beaucoup depuis mon enfance et c’est en pensant à elle que je me suis demandé ce qui se passait lorsqu’une artiste de son calibre commençait à perdre voix et talent à cause de l’âge, précise Christos Markogiannakis. Que doit-elle faire ? Continuer ? Ou arrêter au risque de perdre sa principale raison de vivre ? C’est ce questionnement qui m’a intéressé parce que dans ce milieu, il y a toujours eu beaucoup de compétition et de jalousie. C’est très humain, tout ça ! »

« J’ai aussi voulu montrer l’environnement post-crise du showbiz grec, poursuit Christos Markogiannakis. Avant, les gens étaient habitués à sortir trois ou quatre fois par semaine, et toutes ces habitudes d’amusement ont changé avec la crise économique. » Mais entre nous, ce ne sont pas quelques salles de spectacle à moitié vides qui vont empêcher le capitaine Christophoros Markou de dormir. Non. Lui, ce qui l’embête le plus, c’est de ne pas avoir pris assez au sérieux tous les mystérieux accidents (freins de voiture qui lâchent, câble cédant au mauvais moment, etc.) dont Neni avait été victime de son vivant. Alors comme un Hercule Poirot l’aurait fait, Christophoros mettra bientôt toutes ses petites cellules grises à contribution pour découvrir qui gagnait vraiment à faire passer la diva dans l’autre monde.