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Xi Jinping, le garde rouge

Xi Jinping, le garde rouge
AFP

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Pendant que le monde entier est occupé à lutter contre la COVID-19, Xi Jinping avance ses pions sur la scène mondiale avec la lourdeur et la barbarie d’un garde rouge. 

Le gouvernement des Philippines, qui s’était rapproché de la Chine, vient de faire volte-face pour revenir dans le giron des États-Unis. C’est que la Chine accélère la militarisation de la mer de Chine. Les achats chinois massifs de pétrole vénézuélien, malgré l’embargo, s’opposent aux politiques américaines et aux intérêts de la majorité des pays latino-américains. La propagande chinoise sur les réseaux sociaux atteint de tels niveaux, que la compagnie Twitter vient de fermer des centaines de milliers de comptes qui étaient opérés par le gouvernement chinois.

1. En quoi Xi Jinping est-il un garde rouge ?

La jeunesse de Xi Jinping a été baignée par l’influence néfaste des gardes rouges. Les gardes rouges étaient des étudiants révolutionnaires. Violents, inflexibles et dogmatiques, la tête complètement siphonnée par le culte de Mao Zedong, ils s’imaginaient faire naître un monde nouveau, débarrassé des normes occidentales, en détruisant systématiquement la culture chinoise ancienne et la culture occidentale. Cette volonté de remodeler le monde suivant un idéal maoïste a ressurgi en Chine. Une nouvelle Révolution culturelle, qui ne dit pas son nom, est portée par Xi et par une partie de son entourage. Elle vise le monde entier.

2. Pourquoi les Philippines s’éloignent-elles de la Chine ?

Il y a quelques années, le gouvernement chinois avait réussi à détacher les Philippines des États-Unis. Il vient d’obtenir l’effet inverse. En avril, le gouvernement chinois a annoncé la création d’un nouveau district territorial en Mer de Chine. Ce district englobe des zones qui sont revendiquées par les Philippines. Résultat, au début juin, le gouvernement philippin a annoncé qu’il renouvelait pour six mois les accords militaires avec les États-Unis, accords qu’il avait pourtant dénoncés.

3. Comment la Chine achète-t-elle du pétrole du Venezuela ?

Des journalistes de Reuters expliquaient hier, dans un reportage très fouillé, comment des compagnies étatiques chinoises, avec l’aide la Russie, acheminent du pétrole vénézuélien vers la Chine. Le pétrole vénézuélien est transbordé, en cachette, de superpétroliers à de plus petits navires, et l’origine du pétrole est maquillée. Le petit manège des nouveaux gardes rouges chinois, qui visait à échapper à la surveillance américaine, a fini par être repéré. Le soutien de la Chine au Venezuela indispose bon nombre de pays latino-américains.

4. En quoi la propagande chinoise est-elle devenue plus véhémente ?

La compagnie Twitter a fermé des centaines de milliers de comptes de propagande chinois. Le gouvernement chinois les utilisait pour discréditer les démocraties ou pour faire croire que les révoltes de Hong Kong ne mobilisent qu’une poignée de personnes à la solde des États-Unis. La compagnie Zoom a quant à elle fermé des sites où des Chinois critiquaient le gouvernement chinois – y compris deux sites situés aux États-Unis, par erreur, selon la compagnie. Cette intolérance extrême pour les opinions des autres ainsi que le culte de la pensée du président chinois sont caractéristiques des gardes rouges.

5. Quels sont les effets des politiques de Xi à l’international ?

En cherchant à renverser maladroitement le vieil ordre américain pour faire prévaloir le nouvel ordre chinois, Xi coalise contre la Chine des alliés des Américains, en plus de susciter la méfiance des alliés chinois. Mais Xi ne connaît pas mieux, étant donné son faible niveau d’éducation et sa contamination indécrottable aux idées simplistes des gardes rouges.