Offensive pour contrer le racisme
Un groupe de sept élus caquistes dispose de trois mois pour préparer un plan d’action
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Taux de chômage qui n’a « pas de bon sens » pour les minorités visibles, difficultés à se loger, profilage par la police. Un groupe d’élus caquistes aura trois mois pour suggérer des actions afin de lutter contre le racisme, systémique ou pas.
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« Ça n’a pas de bon sens, le taux de chômage chez les minorités visibles [...] Il faut s’attaquer à ça », a lancé le premier ministre, François Legault.
Il s’agit d’un des points qui seront examinés par le « groupe d’action contre le racisme » dont le gouvernement a fait l’annonce en point de presse, lundi.
- ÉCOUTEZ l'entrevue de Lionel Carmant, Ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, avec Mario Dumont à QUB radio:
Sécurité publique, justice, éducation, logement, emploi. Le groupe de sept députés se penchera sur tous ces sujets et devra rendre ses recommandations cet automne, a indiqué M. Legault.
Le groupe sera présidé par deux élus qui font eux-mêmes partie des minorités visibles, soit Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, et Nadine Girault, ministre des Relations internationales et de la Francophonie.
« Une des premières choses à discuter, ce sera le profilage racial. Personnellement, ce serait important pour moi », a affirmé le ministre Carmant.
La députée de Lotbinière-Frontenac, Isabelle Lecours, a quant à elle levé la main pour participer au « groupe des sept », car ses enfants, aujourd’hui adultes, ont vécu du racisme, leur père étant d’origine vietnamienne.
« Tiens, tu es allée t’acheter des petits Chinois ? », s’est déjà fait demander Mme Lecours par un enseignant.
Sans compter les fois où on leur a crié « retourne dans ton pays », alors que ses enfants sont nés ici, a relaté la députée.
Pas d’élu de l’opposition
Des consultations auront lieu auprès des différents groupes qui représentent les minorités visibles, dont les Autochtones, mais les élus ont fourni peu d’informations sur leur démarche.
Reste qu’aucun Autochtone ni élu de l’opposition ne fait partie du « groupe des sept ».
« Nous avons pensé mettre sur pied une commission publique, mais je suis un gars qui aimerait voir des actions avant Noël », a dit M. Legault.
« Le mot important, c’est “action” », a-t-il insisté. Il a aussi répété préférer les solutions concrètes aux débats sémantiques sur l’existence ou non d’un racisme « systémique » au Québec.
« J’ai été victime de racisme dans ma carrière. De quel type ? Pour moi, c’est [tout simplement] du racisme », a illustré la ministre Girault.
Les mêmes chances de succès ?
Mais au-delà du mot, le premier ministre considère-t-il qu’un Autochtone, un Noir et un Blanc qui sont nés dans la même situation socioéconomique ont tous les mêmes chances de succès au Québec ?
« Ça fera partie des études [...] Je pense qu’il n’y a pas juste une réponse », a répondu M. Legault.
« Une grande majorité des Québécois ne sont pas racistes. Mais il y a du racisme au Québec, a-t-il déclaré. On est capable de faire disparaître ça. »
« On a tous été touchés par les événements aux États-Unis. On ne veut pas importer ce climat d’affrontement », a-t-il ajouté.
Quant à Lionel Carmant, il a tenu à rappeler plusieurs facteurs qui contribuent à l’équité entre les Québécois, soit l’accès aux soins de santé, à l’éducation et aux services de garde.
— Avec Marc-André Gagnon, Bureau parlementaire, et Vincent Larin, Agence QMI
Le groupe des sept élus:
- Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux
- Nadine Girault, ministre des Relations internationales et de la Francophonie
- Sylvie D’Amours, ministre responsable des Affaires autochtones
- Denis Lamothe, député d’Ungava et adjoint parlementaire de la ministre responsable des Affaires autochtones
- Ian Lafrenière, député de Vachon et adjoint parlementaire de la ministre de la Sécurité publique
- Christopher Skeete, député de Sainte-Rose et adjoint parlementaire du premier ministre pour les relations avec les Québécois d’expression anglaise
- Isabelle Lecours, députée de Lotbinière-Frontenac.