/news/society
Navigation

Racisme et discrimination systémiques : «Nous devons faire mieux» - Valérie Plante

Coup d'oeil sur cet article

La police de Montréal et sa mairesse ont reconnu lundi qu’il existait bel et bien du racisme et de la discrimination systémiques au sein de la Ville et de ses institutions.

• À lire aussi: Le racisme, l’œil au beurre noir de nos civilisations

• À lire aussi: Les aspirants directeurs du SPVM doivent reconnaître le profilage

Écoutez l'analyse d'Emmanuelle Latraverse avec Jonathan Trudeau à QUB radio: 

Cette déclaration suivait le dévoilement du rapport sur la discrimination systémique de l’Office municipal de consultation publique de Montréal (OCPM), dans lequel il recommande à la Ville de reconnaître « publiquement et dans les plus brefs délais » l’existence de ce problème.

Le rapport était attendu, surtout dans le contexte où les manifestations antiracistes qui se tiennent partout à travers le monde continuent à ramener le sujet sur le tapis quotidiennement.

La mairesse a promis d’agir afin que les recommandations ne restent pas lettre morte. Un poste de commissaire à la lutte au racisme et à la discrimination sera d’ailleurs créé cet automne, a annoncé Valérie Plante.

 Un plan de lutte contre le profilage racial et social est aussi en cours d’élaboration.

  • Écoutez l'entrevue de la présidente de l'office de consultation de Montréal, Dominique Olivier avec Geneviève Pettersen à QUB Radio:  

 Réponse trop timide

« Il faut s’assurer que ce rapport ne soit pas tabletté » et que « des gestes concrets » soient posés, a déclaré Lionel Perez, chef du parti d’opposition Ensemble Montréal, jugeant la réponse de l’administration Plante trop timide.

« Si elle avait mis autant d’efforts à la lutte contre la discrimination et le racisme systémique qu’elle en met dans la création des pistes cyclables, la Ville de Montréal serait bien plus avancée sur ces enjeux », a ajouté M. Perez.

« Il faut utiliser ce rapport pour donner un coup de barre à la Ville de Montréal, et notamment au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) », a-t-il ajouté.

Représentativité

La Ville devrait s’assurer d’engager davantage de personnes autochtones et issues des minorités visibles/ethniques, mentionne également le rapport.

Il y a de l’amélioration à ce chapitre : ces personnes composaient 21,7 % des effectifs de la Ville en 2019, contre 12,8 %, il y a dix ans, a fait valoir Mme Plante.

La cible d’embauche de minorités, fixée à 33 % en 2019, a été dépassée, pour atteindre 36 %. Néanmoins, la mairesse souhaite que l’atteinte des objectifs de représentativité passe à la vitesse supérieure. « Nous pouvons faire mieux et nous devons faire mieux », a-t-elle dit.

Photo d'archives, Agence QMI

 

SPVM

Particulièrement critiqué par le rapport en question, le SPVM a réagi lundi en soirée à son dépôt, affirmant que « que toutes formes de racisme et de discrimination sont des comportements proscrits ». 

« En réponse à la première recommandation du rapport, le SPVM reconnaît le caractère systémique du racisme et de la discrimination et nous nous engageons à agir pour les combattre », a-t-il indiqué par voie de communiqué. 

La police montréalaise a dit prendre « acte de la totalité des recommandations et particulièrement celles qui impliquent une réponse du SPVM ». 

« Nous collaborerons pour – et avec – la population pour déployer les actions nécessaires afin d’être à la hauteur de la confiance qu’elle nous accorde », a-t-on conclu.

L’OCPM critique vertement la Ville         

L’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) a rendu public lundi son rapport sur le racisme et la discrimination systémiques où il critique vertement leur gestion par la Ville.

«L’analyse de la documentation fournie et des témoignages entendus amène la commission à conclure que la non-reconnaissance formelle du caractère systémique du racisme et de la discrimination dont sont victimes les groupes racisés et les personnes autochtones empêche la Ville de se doter des outils nécessaires pour s’attaquer véritablement au problème» a indiqué par voie de communiqué Dominique Ollivier, présidente de l’OCPM.

L’organisme indépendant a aussi souligné que malgré un discours généreux au niveau des principes et de nombreuses actions entreprises par la Ville, les résultats ne sont pas au rendez-vous.

L’OCPM a déposé un rapport de 252 pages où elle a formulé 11 constats et fait 38 recommandations, dont le point de départ est la reconnaissance de l’existence du problème.

«La commission évalue que la Ville doit profiter de cette consultation pour imprimer rapidement des orientations claires qui permettront les changements attendus, a ajouté Dominique Ollivier. Elle doit se doter d’outils de mesures pour suivre les progrès de ses plans et politiques, ainsi que se donner une obligation de rendre des comptes à la population de façon périodique pour développer une culture de la transparence», tout en demandant l’exemplarité de la Ville pour devenir un modèle pour la société civile.

Plus de 7000 personnes et 1000 organismes ont participé et témoigné lors des consultations menées par l’organisme. 

Le rapport de l'OCPM est publié au moment où les mouvements antiracistes manifestent autour du monde pour une meilleure prise en compte des doléances des minorités visibles face aux systèmes qui les empêcherait de s’épanouir pleinement.

La consultation a été demandée par une pétition signée par plus de 22 000 personnes en 2018, que la Ville a validé en demandant à l’OCPM de se pencher sur la question.

- Agence QMI