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Retour sur les bancs d’école pour réaliser un rêve

Pour plusieurs recrues préposées, c’est l’heure de changer de vie

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Quelques milliers de recrues commencent ce matin leur formation pour devenir préposés aux bénéficiaires en CHSLD, ce qui représente pour plusieurs une rare opportunité de réinventer leur vie sans trop se soucier des dettes à payer.

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Pour plusieurs candidats, une formation rémunérée de trois mois est un cadeau tombé du ciel, même s’ils savent que le travail ne sera pas toujours reposant.

Jonathan Valence, de Saint-Georges en Beauce, est encore renversé devant une telle opportunité et a hâte de travailler avec des personnes âgées.

« Je n’aurais jamais pu me permettre de retourner aux études dans le domaine de la santé », souligne l’homme de 30 ans qui travaille pour Beauce Carnaval.

Linda Henri, de Gracefield, en Outaouais, se sent tout aussi privilégiée.

« On peut aller sur les bancs d’école la tête reposée », souligne la femme de 42 ans.

Pour certains, c’est aussi l’occasion de se réconcilier avec un rêve. Marie-Soleil Corbin, de Beauport, près de Québec, avait déjà commencé une formation comme infirmière auxiliaire qu’elle n’avait pas terminée pour des raisons financières. Il était hors de question qu’elle manque le bateau.

Photo Annie T. Roussel

« Je me stressais vraiment beaucoup, parce que je veux vraiment faire ça », explique la femme de 21 ans, actuellement assistante-gérante dans un dépanneur.

À 57 ans

À 57 ans, Jean-François Koenig, de Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie, a travaillé plus de 30 ans en informatique. Il s’est offert cet hiver un voyage de trois semaines dans les Alpes suisses pour faire le point sur sa vie.

Jean-François Kœnig, qui réoriente sa carrière à 57 ans.
Photo courtoisie
Jean-François Kœnig, qui réoriente sa carrière à 57 ans.

Il a démissionné à son retour, puis s’est temporairement recyclé en gardien de sécurité. 

Un emploi qui l’a mené dans les épiceries, les succursales de la Société des alcools du Québec... et les CHSLD.

« J’ai pu voir de l’intérieur le fonctionnement d’un CHSLD, la clientèle. J’ai pu voir que ces gens-là demandent juste à avoir de l’attention et de l’amour. Veut, veut pas, ça vient te chercher dans les tripes, tout ça », raconte le père de trois enfants d’âge adulte.

Prêts

La route ne sera pas facile et les recrues le savent. Pour bénéficier de la bourse de 9210 $ remise en trois versements pendant la formation, les candidats doivent s’engager à être disponibles de jour, de soir, de nuit et pendant les fins de semaine pendant un an.

Les candidats contactés par Le Journal se sentent quand même d’attaque.

« La porte s’est ouverte et j’ai rentré dedans ! Le bien-être est important pour moi. C’est un signe de la vie qui me disait “go Caro !” » souligne Caroline Giroux, 41 ans, de Saint-Lazare en Montérégie.

Alicia Rose, 21 ans, de Québec, entend y aller un pas à la fois.

« Ça ne sera pas toujours beau ni facile, indique-t-elle. Mais c’est un beau défi à relever pour moi et pour tous les autres qui font cette formation-là. Je vais essayer de faire du mieux que je peux. »