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La paix des Braves

Il y a 20 ans, le contrat de Michel Laplante était racheté en plein cœur d’un match

Michel Laplante
Photo d’archives Michel Laplante venait de connaître une saison étincelante avec une fiche de 11-2, en 1999, avec les Capitales, quand les Braves lui ont fait signer la saison suivante.

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Il y a 20 ans jour pour jour, Michel Laplante, l’as de la rotation des Capitales, était retiré du monticule en début de huitième manche en plein dans une performance sans bavure. Le public médusé de Québec a vite compris pourquoi. Les Braves d’Atlanta venaient de racheter son contrat, lui permettant ainsi de faire la paix avec son sport.

« Ça, c’était vraiment une belle soirée ! » a réagi Laplante mardi, lorsqu’on lui a demandé de revenir sur les événements du 17 juin 2000.

Il faut dire qu’à l’époque, celui qui est aujourd’hui le grand manitou des Capitales tentait d’obtenir une dernière opportunité de cogner à la porte du baseball majeur, à 30 ans. Les précédents séjours dans l’organisation des Pirates de Pittsburgh, mais surtout dans celle des Expos de Montréal, avaient tourné au vinaigre. 

Pourtant, les Braves ont continué de croire au potentiel du grand artilleur en mettant cartes sur table avec lui dès le départ.

« Ils m’ont dit : “On te donne trois départs à Richmond dans le AAA avant de te monter en haut [sic]”. Je n’avais jamais entendu ça de ma vie. Je me rapprochais comme jamais des majeures », se souvient Laplante.

Blessure à l’épaule

Malheureusement pour Laplante, le rappel tant souhaité n’est jamais venu. Depuis quelque temps, il traînait une blessure à l’épaule qui privait ses offrandes de leur mordant habituel.

« Mon premier départ a été quand même correct et après, ça allait de mieux en mieux. À mon quatrième départ, j’avais un match sans point ni coup sûr avant de donner un grand chelem en cinquième manche. Ils se sont demandé ce qui clochait et je leur ai avoué que j’avais mal à l’épaule. J’ai subi une grosse opération et je suis passé à autre chose », raconte-t-il.

En paix

Pour le droitier, le court séjour à Richmond lui a permis de faire la paix avec le sport qu’il a toujours aimé, mais qui avait terni ses plus beaux rêves dans les années précédentes.

« Pour moi, après une expérience vraiment pas plaisante avec les Expos, ça m’a permis de me réconcilier avec le baseball. Chez les Expos, les gens étaient déstabilisés et l’organisation se cherchait. J’avais été estomaqué de voir à quel point les joueurs parlaient contre l’organisation. Avec les Braves, j’ai compris pourquoi ils avaient gagné autant de championnats de division. 

« Bobby Cox fonctionnait avec un système de valeurs plutôt que des règles et ça se reflétait sur toute l’organisation. Ça m’a influencé par la suite quand je suis devenu gérant », explique Laplante.

Pas de compensation

Quelques mois après l’opération qui a mis fin à cette ultime tentative de percer, Laplante a reçu une offre des Braves visant à lui offrir une compensation pour la blessure subie.

Il leur a envoyé une lettre pour décliner l’offre.

« Le directeur du développement des joueurs m’a rappelé et tenait à me dédommager. Je lui ai dit : vous ne m’avez pas blessé, vous m’avez guéri. Plein de joueurs partent du baseball affilié très amers. Avec moi, les Braves ont été clairs sur ce que je pouvais faire et m’ont bien traité. Jusqu’à la fin de mes jours, je pourrai me dire qu’il y a vraiment du bon monde dans le baseball. »

Quand la frontière coule la Frontier...

Les minces espoirs de voir les Capitales de Québec et les Aigles de Trois-Rivières évoluer dans la Ligue Frontier cet été se sont pratiquement éteints quand le Canada et les États-Unis ont annoncé mardi que la frontière entre les deux pays demeurerait fermée jusqu’au 21 juillet.

Les Capitales devaient normalement donner le coup d’envoi de leur première saison dans le circuit, après la fusion avec la Ligue Can-Am. 

Une réunion virtuelle se tiendra ce matin entre les 14 équipes du circuit remodelé, ce qui devrait logiquement sonner le glas pour cet été et forcer les deux équipes canadiennes à se tourner vers leur plan B, qui est de rassembler quatre clubs formés de joueurs canadiens, installés à Québec et Trois-Rivières, afin d’offrir une solution de rechange aux amateurs de balle.

« Combat trop imposant »

« On doit abandonner », a tranché Laplante. On va devoir se virer de bord rapidement et regarder du côté des joueurs canadiens. On devrait avoir une meilleure idée de ce qu’on pourra faire d’ici jeudi (demain) », a poursuivi le président des Capitales.

Même si certains déplacements jugés essentiels sont autorisés entre les deux pays, la quarantaine de 14 jours que les joueurs devraient s’imposer à chaque retour au pays rendrait les choses impraticables. 

« C’est sans compter qu’on devrait jouer dans des États différents, qui ont tous des réglementations différentes. Le combat est trop imposant », a ajouté Laplante.

La confiance règne

Malgré la mauvaise nouvelle concernant la frontière, qui était plutôt prévisible, Laplante continue de croire que l’avenir à moyen et long terme au sein de la Ligue Frontier n’est pas remis en doute. 

Il se dit par ailleurs confiant à l’idée de pouvoir offrir un produit de qualité cet été, malgré le contexte difficile.

« On a tâté le terrain et l’intérêt des joueurs canadiens semble plus grand qu’on pensait. Il faut maintenant obtenir quelques permissions gouvernementales, mais nos demandes sont très raisonnables », a-t-il dit, en rappelant que le stade Canac ne serait rempli qu’à environ 30 % de sa capacité.