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Le PQ doit envier le PLQ

GEN-Dominique Anglade en chambre vendredi dernier.
Capture d'écran, TVA Nouvelles Dominique Anglade en chambre, vendredi dernier.

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La COVID a totalement changé la donne des courses à la direction des partis politiques au Québec.

En début d’année – dans l’ère pré-COVID –, nous étions plusieurs à faire remarquer que la course au Parti québécois s’annonçait vraiment plus intéressante que celle des libéraux.

Au PLQ, l’affrontement entre le «sans programme» Alexandre Cusson et la «bonne élève» Dominique Anglade présageait des échanges aussi captivants qu’une réunion Zoom à 14 h.

Au PQ, par contraste, des personnages entraient en scène. L’humoriste Guy Nantel, bien entendu. Paul St-Pierre-Plamondon (PSPP), bien que peu connu, suspendait une fois de plus sa carrière d’avocat pour prendre sa revanche, lui qui avait été candidat en 2016.

Le spécialiste en immigration Stéphane Handfield, qui avait donné du fil à retordre au ministre Simon Jolin-Barrette sur le projet de loi révolutionnant le système d’accueil des nouveaux arrivants, a failli plonger, avant de se rallier au meneur Sylvain Gaudreault, politicien souvent qualifié de «beige», mais avec une expérience et une volonté qui ne laissent pas de doute.

Le PQ semblait être sur une lancée, contrairement aux libéraux.

Perte de repères

Et soudain, l’ouragan COVID-19 a frappé.

Dans l’histoire moderne, les partis n’avaient – évidemment – jamais vécu une course en pleine pandémie. Pas même une « suspension » en raison d’un phénomène du genre.

Sans repères, les équipes se déchirèrent. Les meneurs insistaient pour que l’on conclue au plus vite. Dans un communiqué involontairement comique, le camp Anglade a même tenté de faire valoir que de tenir un congrès et un scrutin virtuels le 31 mai (date prévue) démontrerait la « capacité d’adaptation et d’innovation » libérale !

À l’opposé, ceux qui traînaient de l’arrière, comme Alexandre Cusson, voyaient une occasion dans une suspension prolongée. Et leur argument selon lequel, en pleine pandémie, militants et citoyens ont la tête ailleurs semblait sensé.

Puis, avec le désistement de Cusson, Anglade devint chef. Par défaut, mais chef. Pendant ce temps, le PQ était contraint de se torturer : la course, « stop ou encore » ?

La décision fut de « déconfiner » l’exercice et de reprendre le 5 juin. Depuis, c’est la chasse effrénée aux signatures, à part dans le camp Gaudreault, déclaré candidat officiel en premier.

Les cinq autres prétendants, Nantel, PSPP, Frédéric Bastien, Laurent Vézina et Gloriane Blais, peinent à recueillir signatures et argent, les militants ayant encore la tête ailleurs.

PLQ débarrassé

Le PLQ, lui, a pu, avant la fin de session, se donner en chambre une cohérence dans la critique du gouvernement. Dominique Anglade a rapidement enfilé les habits de la chef d’opposition, sachant user du bon ton pour critiquer la gestion du gouvernement en période « covidienne ».

En plus, grâce à sa seule présence, les libéraux semblent avoir pris position dans cette période saisie de nouveau – et de manière foudroyante – par la question du racisme.

Au PQ, secrètement, on doit envier le PLQ et espérer un couronnement. En attendant, on prépare des débats virtuels sans public. Et on sera sans vrai chef à la rentrée parlementaire.