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282 victimes identifiées contre le Mont d’Youville

L’institution religieuse fait l’objet d’un recours collectif

282 victimes identifiées contre le Mont d’Youville
Photo d'archives, JEAN-FRANCOIS DESGAGNES

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Abus sexuels, physiques et psychologiques : plus de 70 potentiels agresseurs sont maintenant visés par les victimes, qui demandent l’autorisation d’intenter un recours collectif contre le Mont d’Youville et les Sœurs de la Charité de Québec.

Pour que ce recours aille de l’avant, le juge Étienne Parent de la Cour supérieure devra toutefois déterminer si les Sœurs de la Charité de Québec et le CIUSSS de la Capitale-Nationale seront aussi poursuivis pour leurs fautes directes et leur négligence.

En octobre 2018, les avocats du cabinet Quessy Henry St-Hilaire avaient déposé la requête qui a fait frémir la congrégation de religieuses qui a commencé à tenir un orphelinat sur le site du Mont d’Youville en 1925.

Deux ans plus tard, 282 personnes auraient indiqué aux avocats avoir été agressées « physiquement, sexuellement ou psychologiquement » par les religieuses qui œuvraient à cet endroit ou encore par des laïcs, comme John-Anthony O’Reilly, condamné en 2010 à deux ans de pénitencier pour des agressions sur cinq anciens pensionnaires.

Après de nombreuses discussions entre les parties, tous semblaient d’accord pour que le débat soit entendu sur le fond par le tribunal.

Groupes distincts

Toutefois, les avocats représentants les défendeurs espèrent voir les « présumées victimes » être mises dans des cases bien distinctes selon qu’elles aient été agressées physiquement, psychologiquement ou sexuellement.

« La majorité des gens qui ont contacté les demandeurs sont des gens qui n’ont pas subi d’abus sexuels. Elles auraient subi des abus physiques ou psychologiques. Les questions en litige sont donc différentes », a plaidé Me Christian Trépanier, qui représente les Sœurs de la Charité de Québec, tout en ajoutant qu’il n’existait pas « de faits palpables, précis et suffisants pouvant permettre à la cour de conclure à la connaissance des abus par la défenderesse ».

« Entre 1925 et 1996, des enfants vulnérables ont été confiés au Mont d’Youville, qui se décrivait comme une institution de protection. Au lieu de protéger ces enfants vulnérables, les adultes en place ont utilisé leur pouvoir pour abuser de ces mêmes enfants qui ont vu leur vie être ruinée », a pour sa part souligné Me Robert Kugler, qui représente les victimes au dossier.

Abus physiques

Rappelons que dans la requête déposée au début des procédures, on apprenait qu’une religieuse responsable de la buanderie en 1957 aurait agressé sexuellement une jeune fille de sept ans pendant un an, à raison d’une à deux fois par semaine.

Un petit garçon aurait également été agressé sexuellement à plusieurs reprises par un préposé laïc. L’homme, à une occasion, « lui a enfoncé, alors qu’il était dans son lit, une brosse à cheveux dans l’anus », était-il notamment mentionné.