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Ville de Québec: le projet de ciné-parcs estivaux est menacé

Le maire et des distributeurs de films sont à couteaux tirés

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Sérieusement menacé, le projet de ciné-parcs estivaux à Québec pourrait ne pas voir le jour. Le maire Labeaume et des distributeurs de films se sont mutuellement accusés d’être à l’origine de l’imbroglio.

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Visiblement furieux, Régis Labeaume a démarré le bal des déclarations incendiaires mardi en fin de matinée lors d’une conférence de presse convoquée à la hâte.

Selon lui, les principaux distributeurs de films se seraient « concertés » et auraient refusé le principe de projeter gratuitement de vieux films, comme Karaté Kid, dans les ciné-parcs.

Dénonçant un « boycott » et une « prise en otage des fonds publics », Régis Labeaume s’est donné jusqu’à ce vendredi midi pour signer un accord avec les distributeurs.

« Vendredi, si ça ne marche pas, on va annuler l’événement, a-t-il laissé tomber. On ne se fera pas imposer de faire payer les gens parce que deux ou trois personnes contrôlent cette industrie-là au Québec. » 

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a démarré le bal des déclarations incendiaires, mardi matin, lors d’un point de presse convoqué à la hâte.
Photo Stevens Leblanc
Le maire de Québec, Régis Labeaume, a démarré le bal des déclarations incendiaires, mardi matin, lors d’un point de presse convoqué à la hâte.

Manquer « d’empathie »

Rappelant les trois mois de confinement, le maire a insisté pour dire que les gens « ont besoin de sortir, de prendre l’air et de s’aérer les neurones ».

Accusant les distributeurs de manquer « d’empathie » envers la population, il a réitéré que les ciné-parcs « ne compétitionnent pas » les salles de cinéma traditionnelles.

Interpellés nommément dans une lettre rendue publique par le maire, deux distributeurs de films ont catégoriquement refusé de porter le blâme. Piqués au vif, ils ont assuré que leur position de principe n’a pas été faite de façon concertée.

Le but premier était de soutenir les propriétaires de salles de cinéma qui rouvriront bientôt et qui ont été durement éprouvés par les conséquences de la COVID-19, ont-ils plaidé.

« Je vous trouve très culotté d’affirmer dans les médias que nous n’avons pas de cœur ou que nous ne faisons pas preuve d’empathie. C’est faux et insultant de penser une telle chose », s’est indigné Patrick Roy, président des Films Séville, dans une missive adressée au maire.

Selon M. Roy, « c’est un peu comme si le maire décidait d’aller distribuer de la bouffe gratuite devant les restaurants, quatre jours par semaine. Je pense que les restaurateurs n’apprécieraient pas beaucoup ».

« Déplaisant et un peu gratuit »

Raisonnement semblable du côté d’Andrew Noble, vice-président distribution de Filmoption International.

« C’était déplaisant et un peu gratuit de la part du maire, a-t-il déploré. Je ne veux pas m’abaisser à son niveau. Il m’accuse de toutes sortes d’affaires qui ne sont pas vraies. Il monte aux barricades pour ses besoins politiques. »

Tout en rejetant l’ultimatum de vendredi, M. Noble assure néanmoins demeurer ouvert aux discussions avec l’administration municipale.

Au moins deux ciné-parcs estivaux temporaires doivent normalement voir le jour, à Québec, quatre soirs par semaine, entre le 2 juillet et le 23 août. La Ville de Québec compte investir 835 000 $ dans ce projet.

Liste partielle des films qui pourraient être projetés cet été aux ciné-parcs:   

  • C.R.A.Z.Y   
  • Chérie, j’ai réduit les enfants   
  • Karaté Kid   
  • Cry-Baby   
  • Beverly Hills cop   
  • La chute de Sparte   
  • Shining   
  • Astérix aux Jeux olympiques   
  • La face cachée de la Lune   
  • Ding et Dong (le film)   
  • Evil Dead   
  • Vanishing Point   
  • Le Grand Bleu   
  • Crash  
  • Aussi, quelques soirées avec des organisations québécoises comme l’Orchestre symphonique de Québec, le théâtre La Bordée et le Mois Multi (Festival international d'arts multidisplinaires et électroniques)