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La loi 21 est légitime

Lionel Carmant
Captures d'écran, TVA Nouvelles Nadine Girault, ministre des Relations internationales et de la Francophonie et Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé.

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Le Conseil des musulmans ne juge pas légitime la création d’un groupe d’action sur le racisme par le gouvernement Legault. Pourquoi ? Parce qu’en étant le promoteur de la loi 21 sur la laïcité, il aurait perdu toute crédibilité en la matière.

On peut bien respecter le droit au désaccord de cet organisme concernant la loi 21, mais ses accusations s’appuient sur une série de faussetés. Sa sortie virulente sonne plus comme un règlement de compte que comme une contribution constructive au débat.

Réglons d’abord une chose. Le gouvernement du Québec, dirigé par François Legault, a la légitimité d’entreprendre les travaux qu’il veut. Il a été élu majoritaire par les électeurs du Québec. Ce gouvernement est issu d’un parti politique pluraliste, démocratique et attaché aux valeurs de démocratie et de droits de la personne. Dans la tradition de tous les partis politiques du Québec.

Donc, si ce gouvernement juge que la question du racisme mérite une attention particulière, il est tout à fait légitime pour lui d’entreprendre les démarches qui lui paraissent utiles.  

Dans le cas du gouvernement Legault et du racisme, il faut ajouter une chose. Jamais dans l’histoire la communauté noire n’aura eu une aussi importante représentation dans un caucus ou dans un conseil des ministres. Tant mieux. À un moment charnière où l’opinion est alertée sur les problèmes de discrimination raciale, voilà une occasion de faire un pas en avant.

Consensus élargi

En fait, nous devrions nous réjouir de voir que sur une question comme la laïcité pour les personnes en autorité, le consensus gouvernemental a inclus des personnes issues des communautés culturelles. Cela prouve qu’il s’agit d’un débat de valeurs politiques et non d’un affrontement entre les « de souche » et les « autres », comme certains auraient aimé le dépeindre.

Nous le savions déjà. Au sein même des gens de culture ou de religion musulmane, on retrouve de chauds supporters de la loi 21 sur les signes religieux. Parmi ceux-là, des femmes qui ont vécu une pression extrême pour porter un signe qui ne les intéressait pas. Elles veulent que ce modèle ne soit reproduit d’aucune manière au Québec. Et elles pensent que de restreindre le port des signes religieux pour les personnes en autorité envoie le bon message.

Religions traitées également

Il faut le rappeler chaque semaine : la loi sur les signes religieux n’introduit aucune discrimination. Elle traite toutes les religions sur un pied d’égalité. Que votre religion soit celle qui a fondé les villages d’ici, qu’elle soit une autre des grandes religions, ou qu’elle soit une secte à laquelle vous avez récemment adhéré, les signes religieux vont devoir rester à la maison si vous jouez un rôle d’autorité au sein de l’État québécois.

Cette loi est légitime. Elle a été adoptée par un vote majoritaire du Parlement avec l’appui de deux partis sur quatre. Ses opposants ont le droit aux tribunaux pour la contester.

En parallèle, le gouvernement Legault doit être soutenu et surveillé dans sa recherche de solutions au racisme.