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Le racisme invisible du Canada

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Chantel Moore, 26 ans, autochtone tuée le 5 juin dernier à Edmundston. Rodney Levi, autochtone tué le 12 juin dernier, lui aussi au Nouveau-Brunswick. C’était le huitième autochtone tué lors d’une intervention policière en trois mois au Canada.

Des vies dont le destin ressemble étrangement à celui de George Floyd aux États-Unis.

Pourtant, le silence, ici, est quasi radio. Quelques signaux sur les ondes, sans plus.

Pas d’éditoriaux, pas de chroniques coup de poing dans les médias.

Pas de vague d’indignation, pas d’appels à la solidarité sur les médias sociaux.

Pas de milliers de manifestants dans les rues de Montréal, Toronto ou Vancouver.

Business as usual dans la maison canadienne.

Racisme

Entendons-nous bien : je ne veux rien enlever aux revendications des communautés noires. Leur colère est légitime. Ils vivent bien du racisme sys-té-mi-que.

Mais il y a une logique que je n’arrive pas à saisir.

Sous nos yeux, huit autochtones perdent la vie à la suite d’interventions policières nébuleuses, personne ne s’en formalise vraiment.

Pourtant, s’il y a un racisme proprement canadien, incontestable, tangible, documenté, accepté puis entériné par les gouvernements du Québec, c’est bien celui-ci !

Un racisme systémique, institutionnel et étatique – name it – qui a marqué nos relations avec les peuples autochtones, de la Confédération canadienne de 1867 à aujourd’hui.

Conséquences

Des générations dépouillées de tout : leur langue, leur culture, leur territoire...

Les autochtones souffrent aujourd’hui du sous-financement de l’éducation dans les réserves, de déserts médicaux, de logements en ruine et du manque d’eau potable.

Des citoyens de seconde zone, placés dans des conditions tiers-mondistes partout au Canada.

Les conséquences sont réelles : des communautés brisées, des taux plus élevés de suicide, d’itinérance, de toxicomanie...

Alors je me demande, à la lumière des derniers jours, y aurait-il, au Canada, un racisme plus acceptable que l’autre ?

Comment il disait ça, déjà, Richard Desjardins ?

Oui, c’est ça, le peuple invisible.