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L’inflation nuit davantage aux familles moins nanties

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L'augmentation du coût de la vie a frappé plus durement les ménages moins nantis que ceux qui ont davantage de moyens au cours des 20 dernières années, révèle une étude publiée mercredi. 

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En tenant compte de plusieurs variables, l'inflation a été 1,26 fois plus élevée pour les ménages plus pauvres, ont noté les chercheurs Pierre-Antoine Harvey et Minh Nguyen, de l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS), en se basant sur des données de 1999 à 2019.

Cette augmentation se ressent principalement dans trois postes de dépenses, soit l’alimentation, le transport et le logement.

Dans le secteur de l'alimentation en général, on note une hausse de 63% des prix, alors que l’inflation globale est de 40%. Comme les personnes moins nanties dépensent 17% de leur budget en achat de nourriture comparativement à 12,5% pour les personnes plus riches, elles se retrouvent plus affectées par cette forte inflation.

En transport, l’inflation globale est de 48%, un taux qui monte à 92% lorsqu'on considère uniquement le secteur du transport en commun, ce qui encore une fois touche davantage les ménages moins fortunés.

Quant à l’inflation liée au logement, les premiers locataires et les nouveaux acheteurs sont plus touchés que les plus fortunés, indiquent les chercheurs.

Les données de la pandémie sont absentes de l’étude, mais Pierre-Antoine Harvey avance tout de même que cette crise sanitaire impactera les ménages les plus pauvres en raison de leurs achats.

«Les impacts négatifs sont plus grands pour ces familles, puisque [les produits essentiels] occupent une place plus importante dans leur budget de dépenses. À l’opposé, les ménages mieux nantis dépensent une plus grande part de leur revenu disponible pour des produits et services non essentiels, tels que les loisirs, pour lesquels l’inflation est moins élevée.»

Ajustements

Autre constat: l’utilisation de l’inflation moyenne comme barème dans l’octroi des crédits de solidarité est «ajustée à un taux qui n’est pas assez élevé pour couvrir la vraie augmentation du coût de la vie que subissent les personnes les plus pauvres», mentionne M. Harvey.

L'IRIS propose d’employer un indicateur de croissance qui serait différencié selon les niveaux de revenus.

«Plutôt que de maintenir leur pouvoir d’achat, les augmentations de salaires ou de prestations gouvernementales selon le taux d’inflation générale appauvrissent les familles les moins nanties.[...]Si on n’ajuste pas assez, on ne protège pas le pouvoir d’achat des familles défavorisées», conclut le chercheur.

Inflation de 1999 à 2019 dans divers secteurs        

  • Logement: 44%    
  • Transport: 48%    
  • Dépenses alimentaires: 63%    
  • Loisirs: -4%    
  • Produits de tabac et boissons alcoolisées: 116%    
  • Éducation: 62%        

L’augmentation du coût du panier de consommation type des ménages les plus pauvres (1er et 2e quintiles) a été en 20 ans de près de 27% plus forte que celle qui affecte le 10% des familles les plus riches (29,7% et 30,2% contre 23,6%).

Source: Statistique Canada, Enquête sur les dépenses des ménages, 2017, données personnalisées.