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Où en est le français des candidats à la direction du Parti conservateur du Canada?

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Avec quatre candidats dont la langue maternelle est l’anglais, la course à la direction du Parti conservateur du Canada (PCC) sera assurément sous le feu des projecteurs à l’occasion du débat en français qui aura lieu mercredi soir.

Nous nous sommes entretenus avec les candidats Peter Mackay, Erin O’Toole et Derek Sloan afin de constater où ils en étaient dans leur perfectionnement de la langue de Molière et quelle était leur relation avec celle-ci.

La candidate Leslyn Lewis a décliné l’offre parce qu’elle désirait se concentrer davantage sur la préparation du débat.

Rappelons que le débat à Québec lors de la précédente course au leadership du PCC en janvier 2017 avait fait énormément réagir en raison du français laborieux de quelques candidats.

Mackay: «bien voyons donc!»

«Éliminer la paperasse», «bien voyons donc», «bleuets»: Peter Mackay a un faible pour ces expressions québécoises.

Comme l’ensemble des candidats, M. Mackay a profité des dernières semaines à la maison pour suivre des cours en ligne afin de parfaire son français. Il s’est d’ailleurs pratiqué avec sa femme, qui parle français, et ses enfants, qui vont à l’école «bilingue».

«Pour moi, [apprendre le français], c’est un investissement important de mon temps», soutient-il, expliquant du même coup que les Québécois sont l’un des peuples fondateurs du Canada.

Mackay se rappelle avoir assisté à un spectacle de la Saint-Jean-Baptiste sur les plaines d’Abraham. C’est à ce moment qu’il a connu le chanteur québécois Robert Charlebois, un artiste qu’il apprécie. Il affectionne aussi Céline Dion et Mitsou. 

O’Toole: le fan de Lance et compte

Quand il débutait sa carrière dans les Forces armées canadiennes, le candidat Erin O’Toole écoutait Lance et compte à la télé pour améliorer son français. 

Maintenant, il s’est éloigné un peu de Pierre Lambert et il parle à son équipe et aux citoyens tous les jours dans sa deuxième langue. 

Sa fille, nous dit-il, est dans une école française. 

«Je lui parle chaque jour avec elle, quelques mots, sur la météo et bien sûr sur la pandémie», raconte-t-il. 

M. O’Toole estime qu’il a énormément appris dans la dernière course à la direction du PCC sur les enjeux du Québec et sur les partisans conservateurs de la province. 

En vue du débat, il s’est grandement exercé à dire correctement «CHSLD».  

Sloan: difficile, les genres!

Pour sa part, le candidat ontarien Derek Sloan converse en français avec son tuteur sur des enjeux politiques pour perfectionner son français en vue du débat de mercredi.

«Je ne pratique pas les phrases exactes», ajoute-t-il.

Il avoue par ailleurs avoir encore de la difficulté avec les genres.

«Les masculines et les féminines, je prends un guess. Je ne sais pas le genre. Sometimes, i’m right. Sometimes, i’m wrong», explique le candidat.

Pour être premier ministre du Canada, Derek Sloan indique qu’il faut «connaître les gens» et que, pour ce faire, au Québec, «on doit parler français».

Ainsi, son plan, s’il gagne la course à la chefferie, c’est qu’il «embarquerait dans un cours d’immersion» pour devenir bilingue.