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Telus aurait installé de l’équipement Huawei à l’insu d’Ottawa

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Alors que le débat continue de faire rage sur l’implication éventuelle de Huawei dans l’implantation d’infrastructures 5G au pays, l’entreprise de télécommunication Telus aurait installé des dispositifs de la compagnie chinoise un peu partout dans l’agglomération de la capitale fédérale.

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Les sièges sociaux des ministères fédéraux et des agences de renseignement seraient-ils sous écoute ? C’est du moins ce que semble craindre le gouvernement Trudeau.

Selon les informations du Globe and Mail, un accord entre Telus et le gouvernement fédéral prévoit depuis plusieurs années qu’aucun équipement Huawei ne sera installé dans la région qui abrite de nombreuses institutions critiques, telles que le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), la Banque du Canada ou le Centre national de recherches du Canada.

Or, d’après les données du gouvernement fédéral, Telus disposerait maintenant de près de 70 sites ou tours cellulaires utilisant de l’équipement Huawei sur son réseau sans fil 4G du côté ontarien de l’agglomération, et 13 à Gatineau. 

Une porte-parole du ministre de l’Industrie Navdeep Bains n’a pas donné suite à notre demande d’entrevue à ce sujet. 

Inquiétude

De nombreux experts en sécurité mettent en garde Ottawa depuis des années concernant les risques potentiels que poserait l’arrivée de Huawei dans le réseau 5G. 

Fondateur de Streamscan et chargé de cours en cybersécurité à Polytechnique Montréal, Karim Ganame juge « préoccupante » la présence de ces installations en pleine capitale fédérale. 

« Même si à l’état actuel cela demeure des hypothèses, Ottawa a raison de s’inquiéter. On est vraiment à proximité des centres de décision », dit-il. 

Permettre à l’entreprise proche du gouvernement chinois de participer à l’implantation de la prochaine technologie sans fil équivaudrait ni plus ni moins qu’à laisser entrer le loup dans la bergerie, avait aussi laissé entendre l’ex-PDG de BlackBerry, Jim Balsilie, récemment en entrevue au Journal.