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COVID-19: un couple ferme son magasin après 44 ans

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MONTRÉAL – La crise de la COVID-19 a forcé un couple à dire au revoir à son commerce de la Place Versailles, après y avoir investi plus de 44 ans de leur vie.

«Avoir un commerce, c’est comme courir sur un tapis roulant en continu. Je sentais que je ralentissais et si je ne sautais pas en bas du tapis, et bien je me ramassais dans la poubelle», a imagé Normand Vachon, propriétaire du commerce d’accessoires de danse Maizan.

PHOTO COURTOISIE/Kathy Vachon

Depuis maintenant 44 ans, M. Vachon et sa femme, Lucie Vachon, ont combattu vents et marées pour garder leur commerce ultraspécialisé ouvert à la Place Versailles, dans l'arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

Mais la crise de la COVID-19 aura mis le couple au bout du rouleau et s’il ne décidait pas de fermer tout de suite, la faillite était bien visible à l’horizon.

Le couple vendait des chaussures de danse et des bas de nylon très spécialisés à des compagnies de danse qui venaient d’aussi loin que l’Abitibi-Témiscamingue pour s'en procurer.

25 000$

«En trois mois, on s'est ramassé avec une carte de crédit de plus de 25 000$. On a plusieurs mois de loyer à payer ainsi que des employés», a résumé M. Vachon, en ajoutant aussi l’équipement qu’il devra vendre à perte.

D’autant plus que Mme Vachon affronte actuellement un cancer et qu’elle doit ne prendre aucun risque qui mettrait davantage sa santé en danger.

PHOTO COURTOISIE/Kathy Vachon

Aide du gouvernement

Le couple pouvait recevoir une aide gouvernementale de 40 000$ pour éponger ses dettes, mais ce n’était que repousser le problème, car le magasin aurait été obligé d’ouvrir jusqu’en septembre et d'ainsi renouveler le bail.

Le magasin est au ralenti pendant l’été et le spectre d’une deuxième vague de cas de la COVID-19 à l’automne a fortement encouragé M. Vachon à ne pas prendre l’aide pour s'endetter davantage. Il a augmenté l'hypothèque de sa maison pour éponger ses dettes.

Il était aussi difficile de retrouver les employés, car plusieurs touchaient encore à la Prestation canadienne d’urgence (PCU).

«On a déjà placé tout le stock dans le sous-sol... Il y a des boîtes jusqu'au plafond. On va regarder du côté des marchés aux puces et sur internet pour le vendre», a raconté M. Vachon. Il espère maintenant arriver à liquider le surplus de son équipement en automne sans trop de pertes financières.