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La campagne de Trump bat de l’aile

La campagne de Trump bat de l’aile
AFP

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Il est de bon ton de dire qu’il ne faut pas sous-estimer Donald Trump et se montrer trop certain de sa défaite. C’est vrai, mais il ne faut pas le surestimer non plus.

Les signes d’un effondrement de la campagne électorale du président – certains iront jusqu’à dire l’effondrement de Donald Trump – sont de plus en plus palpables.

Ces signes se retrouvent autant dans les sondages que dans la décomposition de sa base d’appui, les louvoiements de sa campagne et le comportement du président lui-même.

Appuis en baisse

Les sondages sont catégoriques : la campagne de Donald Trump bat de l’aile. Il est facile de rétorquer que c’était aussi le cas en 2016, mais l’avance de Joe Biden est plus grande que celle d’Hillary Clinton, l’électorat est moins mobile et le contexte moins favorable.

Cet écroulement arrive alors que la campagne démocrate n’est même pas démarrée. Les publicités les plus dévastatrices contre Trump proviennent de groupes républicains qui ciblent un électorat sur lequel Trump pouvait compter en 2016, mais pas cette fois-ci.

De plus, alors qu’il aurait besoin d’attirer les électeurs du centre qui lui échappent, Trump est sur la défensive et cherche à conserver sa base, qui lui file entre les doigts. 

Trois symboles

Trois institutions symboliquement liées à Trump ont récemment pris leurs distances du président. C’est anecdotique, mais révélateur. 

Suite aux événements entourant le meurtre de George Floyd, la Ligue nationale de football (NFL) a fait marche arrière sur les manifestations de certains joueurs contre le racisme, déclenchant l’ire de Trump.

Le circuit automobile NASCAR, autre symbole de l’électorat trumpiste, a décidé d’interdire le drapeau de la Confédération sudiste (et esclavagiste) pendant ses événements, alors que Trump ne voit pas de problème avec ce drapeau.

Plusieurs leaders militaires ont désavoué le président en dénonçant l’utilisation de militaires contre des manifestants pacifiques et en appuyant le projet de rebaptiser plusieurs bases militaires nommées pour des généraux sudistes.

Louvoiements et vacillements

L’un des points forts de Donald Trump en 2016 était son apparente détermination à foncer sans remises en question, sans changements de cap et sans excuses.

En 2020, même si sa campagne jouit d’un budget plus élevé et d’une organisation plus professionnelle, elle vacille. On a du mal à se fixer sur un slogan. Trump a cédé à la pression en reportant son rassemblement de Tulsa en raison de la charge symbolique de la date initialement choisie. 

Il n’y a pas que la campagne qui vacille. Comme on l’a vu lors de son passage à West Point, certains gestes du président alimentent les inquiétudes sur son état de santé. Au lieu de laisser faire, le président adopte une attitude défensive largement interprétée comme un signe de faiblesse.

Bref, il demeure concevable que Donald Trump l’emporte en novembre, surtout si les efforts républicains de suppression du vote portent fruit dans certains États clés. Pour le moment, toutefois, sa campagne ne va nulle part.