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Une autre plainte d’agression contre André Boisclair

La police de Montréal examine la plainte d’un homme qui dit avoir été agressé par l’ex-chef péquiste

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Photo d’archives Agence QMI, Maxime Deland Accusé au criminel, André Boisclair a dû se présenter au poste de police le 29 mai pour la prise de sa photo et de ses empreintes digitales.

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Déjà accusé d’agression sexuelle armée, André Boisclair est visé par une nouvelle plainte criminelle déposée récemment à la police de Montréal par un jeune homme qui affirme avoir été agressé sexuellement par l’ex-chef péquiste, a appris notre Bureau d’enquête.

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Hugo (nom fictif) a rencontré le 8 juin un enquêteur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) à propos des faits qui seraient selon lui survenus en 2017 chez M. Boisclair.  

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Notre Bureau d’enquête a d’ailleurs obtenu la preuve qu’un dossier de plainte a été ouvert par les policiers du poste 22 et transféré à la section des agressions sexuelles du SPVM.

Selon une source policière qui n’a pas voulu être identifiée, les allégations du plaignant sont prises au sérieux. Trois enquêteurs ont été mandatés pour la suite.

Une rencontre avec Hugo est prévue la semaine prochaine par le SPVM pour examiner quelles accusations pourraient être portées contre M. Boisclair.

Fin mai, M. Boisclair a été accusé d’agression sexuelle armée dans un premier dossier dont les faits allégués seraient survenus en 2014.

Écarts à New York

Notre Bureau d’enquête a par la suite rapporté que le gouvernement du Québec a dû gérer les écarts de conduite de M. Boisclair quand il a brièvement été délégué général du Québec à New York, en 2013.

Une entente confidentielle a été conclue à ce sujet avec lui à l’époque par l’administration Marois. Mais le gouvernement actuel a amorcé une enquête administrative pour déterminer comment la lumière peut être faite sur des allégations reliées à l’utilisation de drogue et la présence de jeunes gens dans l’entourage de M. Boisclair.

Hugo affirme qu’il était à la mi-vingtaine quand il a connu André Boisclair, il y a trois ans, à travers des événements organisés à Montréal par la communauté homosexuelle. 

M. Boisclair aurait ensuite initié un contact par messagerie. Sachant qu’Hugo avait perdu son emploi dans un secteur bien en vue, il lui aurait offert son soutien financier en échange d’une relation sexuelle.

« Mal à l’aise » face à cette proposition, il aurait néanmoins accepté une invitation à sa résidence. M. Boisclair lui aurait envoyé un taxi Uber pour le conduire chez lui.

 

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Juste une rencontre

« Je n’avais pas l’intention de coucher nécessairement avec lui, a dit Hugo dans une entrevue avec notre Bureau d’enquête. Je lui ai dit être partant pour le rencontrer, prendre un verre, faire connaissance, mais je ne voulais pas qu’il se fasse d’attente au niveau sexuel. »

Après avoir, selon lui, bu trois verres d’alcool et consommé de la cocaïne avec M. Boisclair, Hugo se serait pourtant retrouvé dans son lit sans trop savoir comment. Il se sentait étourdi.

« J’étais dans le lit avec André. Il proposait de me fouetter, de me frapper, de me faire des marques sur le corps et je ne voulais pas ça. »

Refus ignoré

Hugo soutient que M. Boisclair a ignoré son refus d’un rapport sexuel. 

« Je lui ai dit que je ne voulais pas, mais il a insisté », se souvient-il.

La soirée aurait ensuite pris un tour qu’Hugo n’a pas souhaité. « Je me rappelle d’être sur son lit et de m’effondrer en pleurs », dit-il.

Hugo n’a pas de preuve que M. Boisclair lui a administré quoi que ce soit qui aurait pu altérer son jugement et ses perceptions. Mais devant l’état dans lequel il se trouvait chez lui au moment de l’agression alléguée, il soupçonne qu’il a pu être drogué à son insu.

À la lumière de ce qu’il a vécu, Hugo croit qu’André Boisclair a des problèmes pathologiques et un comportement à risque qui a sans doute fait d’autres victimes.


Des messages indésirables

Voici deux textos non sollicités qu’André Boisclair aurait envoyés à deux relations d’affaires en 2012 et 2006      

  • « Tu aimerais te faire défoncer les fe**** ? » (notre caviardage)      
  • « Va dans les toilettes, baisse tes culottes et envoie-moi une photo. »            

Des textos explicites non sollicités      

L’ex-chef péquiste André Boisclair a provoqué des malaises en envoyant des textos explicites non sollicités dans le cadre de relations professionnelles.

Au moins deux incidents de cette nature sont survenus. Ils ont été portés à notre attention par deux personnes à qui nous avons accordé l’anonymat.

Un ancien employé politique d’un cabinet ministériel a confié récemment son malaise lors d’un échange avec M. Boisclair en novembre 2012.

Alors qu’il venait de le féliciter pour sa nomination au poste de délégué général du Québec à New York, M. Boisclair lui a répondu en faisant une invitation sexuelle non sollicitée. 

« Totalement gratuit »

« Tu aimerais te faire défoncer les fe**** ? » (notre caviardage), a indiqué cet ex-employé politique en montrant l’échange toujours sur son téléphone.

Rien dans l’échange qui précédait n’indiquait que la conversation aurait pu prendre cette tournure.

« C’était totalement gratuit », affirme notre source, qui dit d’ailleurs être hétérosexuel.

Il a laissé cette avance sans réponse et M. Boisclair n’en a jamais reparlé.

« Il n’est jamais revenu par la suite en disant : je me suis trompé de personne », dit notre source, qui assure n’avoir jamais été témoin de geste déplacé de M. Boisclair par la suite lorsqu’il l’a revu.

Même s’il ne s’est pas senti menacé ou victime de harcèlement, il juge que M. Boisclair a vraisemblablement voulu utiliser sa position d’autorité.

« Quand tu es une personnalité publique qui aspire aux plus hautes fonctions, ça pouvait sembler anecdotique. Mais ce ne l’est pas », dit-il.

Malgré tout, il n’a pas voulu porter plainte, même s’il a discuté de l’incident avec son supérieur.

« Baisse tes culottes »

Une ancienne relation d’affaires d’André Boisclair soutient également avoir reçu par messages textes des avances sexuelles non sollicitées.

Alors qu’il était chef du PQ, M. Boisclair l’avait notamment invité à lui transmettre des photos intimes de lui alors qu’il se trouvait dans un restaurant, en 2006.

« Va dans les toilettes, baisse tes culottes et envoie-moi une photo », a-t-il écrit.

Vers 2008 ou 2009, il est revenu à la charge en l’invitant à venir le rejoindre dans une chambre d’hôtel.

« C’était totalement non sollicité », nous a indiqué cette personne.


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