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Procès de Max Aubin: juge et famille surprises de la peine réclamée pour un tueur de femme

MAX AUBIN MYLÈNE LALIBERTÉ
Photo tirée de Facebook Max Aubin, tueur

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JOLIETTE | Une juge de la Cour supérieure et la famille d’une jeune femme assassinée de 62 coups de couteau par son conjoint ont sourcillé devant la suggestion des avocats d’imposer au tueur un minimum de 13 ans de détention avant d’avoir une libération.

« Pour moi, c’est sûr, ce serait plus [d’années d’incarcération] », a insisté Colette Corbin à sa sortie du palais de justice de Joliette, jeudi.

Sa fille Mylène Laliberté lui a été arrachée le 13 janvier 2017. La femme de 24 ans a été poignardée à 62 reprises par son copain Max Aubin, alors âgé de 21 ans. 

Celui-ci a défoncé la porte du logement de la victime, à Saint-Lin–Laurentides, dans Lanaudière, pour commettre l’irréparable.

Ne supportant plus sa jalousie et sa consommation de cocaïne, la victime souhaitait prendre une pause de la relation.

Aubin a plaidé coupable à une accusation réduite de meurtre non prémédité et les observations sur la peine du tueur devaient initialement avoir lieu en janvier. 

Mais des reportages de TVA Nouvelles ont révélé au grand jour que le tueur possédait un cellulaire en prison – ce qui est interdit – et qu’il l’utilisait pour entretenir une relation amoureuse avec une jeune femme ayant une déficience intellectuelle. 

« Troublée » par ces nouvelles informations, la juge Hélène Di Salvo a requis que la police enquête et qu’un agent de probation rencontre le meurtrier pour dresser un portrait de sa personnalité.

« Pas de bon sens »

Or, malgré tous ces développements et un rapport prédécisionnel « défavorable » à l’accusé, les avocats n’ont pas haussé le nombre d’années qu’ils ont suggéré à la juge jeudi en guise de peine minimale.

Me Stéphanie Arel, de la Couronne, et Me David Petranic, de la défense, ont plaidé que le tueur – déjà condamné à la prison à vie – devrait pouvoir bénéficier d’une libération après 13 ans de détention.

« Ça n’a pas de bon sens. Ce matin, il [Max Aubin] avait deux avocats », a laissé tomber la marraine de la victime, Danielle Corbin. 

La juge a aussi semblé perplexe. 

« Ça fait trois ans et demi qu’il est détenu et pourtant, ce que je lis à tous les paragraphes [du rapport], ce sont des inquiétudes », a-t-elle résumé.

Le document, dont plusieurs passages ont été lus à la cour, souligne qu’Aubin est toujours aux prises avec des problématiques de jalousie et de consommation.

Il veut une chance

Le tueur a notamment dit au rédacteur qu’il souhaitait que le tribunal lui donne une chance, car « [il] en a eu plein de copines avant Mylène et [il] ne les a pas toutes tuées ».

La défense a même soutenu que la tentative de suicide d’Aubin après le crime « ne peut pas être liée à autre chose qu’un moment de panique et des regrets par rapport au geste qu’il a posé ».

Des propos qui ont fait sursauter la juge Di Salvo. 

« Ce n’est pas en preuve devant moi. Vous déduisez ça. Moi, je peux aussi déduire qu’il a peur de la police ou qu’il ne veut pas faire face à la musique », a-t-elle dit.

À la fin de l’audience, le meurtrier a pris la parole pour s’excuser à la famille de la victime.

« Mylène était une personne merveilleuse et extraordinaire et elle ne méritait pas ça », a-t-il mentionné.

La juge Di Salvo rendra sa décision dans un mois.