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[EN IMAGES] Un important feu de forêt toujours hors contrôle au Lac-Saint-Jean

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Le plus imposant feu de forêt des dernières années au Québec fait actuellement rage au nord du lac Saint-Jean. Toujours hors contrôle, sa superficie a quadruplé en moins de 24 heures, et il menace maintenant la centrale Péribonka. 

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«C’est un feu énorme qui avance à grande vitesse [...] On ne pensait pas qu’il progresserait autant. Il a quadruplé depuis hier après-midi. Ça fait plusieurs années qu’on n’a pas eu un comme celui-là», estime Stéphane Caron, coordonnateur à la prévention et aux communications à la SOPFEU.

Capture d'écran TVA Nouvelles

Photo courtoisie Facebook SOPFEU

Ce midi, le feu qui ravage la forêt au nord de la zec des Passes avait dépassé 17 000 hectares en superficie en fin d’avant-midi. À 17h, il était rendu à 21 300 hectares, soit 213 km2 (l’équivalent d’un carré de 15 km sur 14 km).

Photo courtoisie Facebook SOPFEU

«Le plus gros feu récemment, il y a deux ans, à Labrieville [sur la Côte-Nord, à 85 km au nord de Forestville], avait fait au total 13 000 hectares. Non seulement celui-ci n’est pas éteint, mais il est encore hors contrôle», ajoute M. Caron, qui a quand même tenu à se faire rassurant.

Photo courtoisie Facebook SOPFEU

«Hors contrôle est un terme technique. Ça veut dire que la propagation se poursuit, pas que c’est l’apocalypse. Ce n’est pas que sa progression nous inquiète, mais elle pose un enjeu de sécurité.»

Capture d'écran TVA Nouvelles

Des campements et des chalets ont dû être évacués, mais ils demeurent relativement peu nombreux dans le secteur présentement touché.

Capture d'écran TVA Nouvelles

Des routes sont fermées, et des experts sur le terrain font régulièrement le portrait de l’avancement de l’incendie pour prévoir son déplacement et les évacuations nécessaires.

Photo courtoisie Facebook SOPFEU

À 15h, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a décidé d’interdire l’accès en forêt dans le secteur Chute-des-Passes. Une dizaine de barrages ont été installés sur les routes.

Barrage menacé

En fin d’après-midi, le feu se trouvait à 12 km au nord de la centrale Péribonka d’Hydro-Québec. Si les flammes s'approchent à 5,5 km, la SOPFEU a convenu avec Hydro-Québec de faire des interventions préventives pour protéger les installations, comme de l'arrosage ou des tranchées.

Capture d'écran TVA Nouvelles

Actuellement, deux employés travaillent à la centrale. Ils seront évacués si le feu s’approche. Cette centrale a la capacité d'alimenter l'équivalent de 85 000 clients partout au Québec.

Si les opérations doivent cesser, Hydro-Québec assure être en mesure de compenser avec ses autres installations. 

Capture d'écran TVA Nouvelles

Facteurs propices

Les conditions actuelles sont optimales pour ce type d’incendie, précise M. Caron.

«Nous avons la chaleur, mais aussi des taux d’humidité relative excessivement bas. C’est la combinaison merveilleuse pour les feux. Ajoutez à cela que, dans plusieurs secteurs, comme celui-ci, il y a de bonnes brises de vent. Non seulement le vent aide le feu à se déplacer, mais en plus il assèche le combustible. C’est comme une botte de foin complètement sèche [...] Cela produit des feux très intenses avec des taux de propagation très élevés.»

«On a une semaine critique sur presque tout le territoire québécois, poursuit le représentant de la SOPFEU. Nous avons commencé la semaine en envoyant un communiqué pour dire que, cette semaine, ça allait être dur, et, effectivement, c’est le cas.»

Photo courtoisie Facebook SOPFEU

Selon M. Caron, les feux de forêt ne sont pas inhabituels à cette période de l’année.

«La phase printanière est très propice aux feux, mais ils sont généralement petits. On entre dans la phase estivale. Il va y avoir moins de feux, puisque les arbres ont pris leur verdure, une protection naturelle. Mais les feux seront de plus grande ampleur. On arrive aussi dans la période de foudre, qui causera aussi des feux.»

Sur le terrain

En plus des avions-citernes et des hélicoptères, une trentaine de personnes travaillent actuellement sur le terrain.

Photo courtoisie Facebook SOPFEU

«Ça ne semble pas beaucoup, 30 personnes, mais le feu est tellement intense qu’on ne peut pas le combattre au sol de manière sécuritaire. Ce n’est pas par manque de personnel, nous avons des équipes dans nos bases en attente. Nos interventions pour le moment sont surtout de sécuriser certaines infrastructures, des secteurs», a expliqué M. Caron.

«Le feu de forêt déclenché au Lac-Saint-Jean nous préoccupe grandement», a mentionné le premier ministre du Québec, François Legault, dans un gazouillis publié en soirée. 

L’effet COVID-19

Les mesures imposées par la santé publique ne facilitent pas la tâche du personnel sur le terrain.

«Ça amène toutes sortes de complications dans un contexte où éteindre un feu est un travail d’équipe. Lors des déplacements en véhicules, le port du masque est obligatoire, même par des journées aussi chaudes. Les 2 m de distance rendent plus compliqués les repas et les couchers. Habituellement, les pompiers dans les campements seront deux par chambre. Là, ils seront seuls. Si on manque d’espace par exemple pour un grand feu comme celui-ci, il se pourrait qu’on soit obligé de coucher dans des tentes. Ce n’est pas inhabituel ailleurs au Canada, mais au Québec oui», conclut M. Caron.

—Avec la collaboration de Sonia Lavoie, TVA Nouvelles