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Le passage en tunnel fortement remanié

Le trajet souterrain du tramway pour relier haute-ville et basse-ville a subi des changements notables

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Stations fusionnées ou déplacées. Parcours souterrain passablement remanié. Acquisitions en vue. Deux versions possibles – une longue et une courte – pour le tunnel. Force est de constater que le passage souterrain du tramway, pour relier la basse-ville à la haute-ville, a subi des changements notables, comme l’a confirmé l’administration Labeaume dans une annonce faite vendredi. 

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Travaux pendant trois ans 

Photo courtoisie

La réalisation du tunnel, qui fera entre 15 et 40 mètres de profondeur, va durer trois ans. La Ville promet de mettre diverses mesures d’atténuation pour limiter le bruit, la fumée et les vibrations liés à la méthode de « forage-sautage » qui semble privilégiée.  

Le creusage, dont on voit une photo à titre indicatif ci-contre, ne se fera finalement pas sous la côte d’Abraham, mais sous la zone résidentielle du quartier Saint-Jean-Baptiste. Cette nouvelle donne a soulagé la propriétaire d’un immeuble qui a récemment sonné l’alarme en brandissant un rapport d’ingénieurs indiquant un risque « très élevé » pour la stabilité de quelques édifices du secteur. « Enfin, c’est une bonne nouvelle ! » a réagi Dorys Chabot. La municipalité a néanmoins affirmé que la qualité du roc à cet endroit n’avait pas influencé sa décision, plaidant tout simplement pour un tracé plus performant qui évite plusieurs courbes trop prononcées.   

Le scénario d’un tunnel plus court 

Illustration courtoisie

Pour des raisons essentiellement budgétaires, le tunnel pourrait ressortir à proximité du Grand Théâtre (point noir sur la carte) plutôt qu’à l’intersection du boulevard René-Lévesque et de l’avenue des Érables. Il s’agit d’un des scénarios désormais étudiés par le bureau de projet. Il ferait en sorte que la station de l’avenue Cartier, que l’on peut aussi voir sur la carte, soit en surface plutôt que sous terre. 

La longueur totale du tunnel passerait de 2,6 km à 2,1 km. 

Diverses analyses sont déjà en cours pour mesurer l’impact d’un tel bouleversement sur les stationnements et sur la circulation. « On a encore un an pour prendre une décision. Mettons les choses sur la table. On en débattra. Il faut au moins se permettre d’y penser. En toute responsabilité. On doit regarder les deux hypothèses », a dit le maire Labeaume. 

Une tâche complexe 

Illustration courtoisie

Les têtes pensantes du réseau structurant admettent volontiers que la réalisation du tunnel constitue un défi de taille. « En termes de complexité de conception et de réalisation, c’est le grand tunnel qui représente le défi du projet, convient le directeur du bureau de projet, Daniel Genest. C’est là que sont les grands risques du projet ». 

Le maire Labeaume tempère cependant ces propos en rappelant que Québec est loin d’être la seule ville au monde à construire un tunnel dans un milieu fortement urbanisé pour les besoins d’un réseau de transport en commun structurant. 

Réactions contrastées  

La nouvelle station près de l’avenue Cartier.
Illustration courtoisie
La nouvelle station près de l’avenue Cartier.

Pourfendeur du tramway, Jean-François Gosselin, chef de Québec 21 a affirmé vendredi que « plus le maire avance dans son projet, plus il est obligé de réduire la performance et le service. Il y aurait une station de moins dans le secteur de la Colline parlementaire. Les gens vont devoir marcher plus longtemps pour pouvoir monter dans le tramway. Tout ça pour rentrer dans l’enveloppe de coûts ».

Du côté des groupes environnementaux, on a plutôt salué le scénario d’un tunnel plus court. « La section de souterrain entre Turnbull et des Érables n’ajouterait rien à la qualité du projet et de la desserte en plus de “cacher” un équipement de transport en commun qui mérite d’être visible dans la Ville pour être attractif », s’est exprimé Alexandre Turgeon.  

Jean-Pierre Bédard, de la Société de développement commercial (SDC) Montcalm, a également parlé d’une « belle hypothèse pour l’accès aux utilisateurs de l’axe Montcalm qui n’auront pas à descendre trois étages en souterrain pour accéder au tramway. Les touristes présents dans le quartier seront aussi plus susceptibles de monter dans le tramway que de s’aventurer dans une station souterraine ».

Stations déplacées ou fusionnées 

Illustration courtoisie

La station de la place D’Youville va disparaître. Elle sera déplacée un peu plus à l’ouest, du côté du boulevard Honoré-Mercier, pas loin de l’édifice de Radio-Canada. Cela offre un double avantage. D’un côté, le fort potentiel archéologique du secteur de la place D’Youville aurait pu conduire à des découvertes historiques majeures et causer, par la bande, l’arrêt des travaux. Aussi, on dit vouloir « rapprocher le tramway des résidents » du secteur Saint-Jean-Baptiste plutôt que des usagers occasionnels des salles de spectacles situées à proximité. 

Illustration courtoisie

Notons également la fusion des stations du Centre des congrès et du Grand-Théâtre. Au lieu de deux stations, une seule verra le jour au niveau de l’édifice Marie-Guyart (complexe G). Ce changement dans les plans est motivé par des impératifs budgétaires et par des contraintes géotechniques. « L’impact sur la desserte est marginal. On va offrir le même service aux citoyens, mais de façon différente », a mentionné Daniel Genest.

Image du haut: la station D’Youville; au bas, la nouvelle station Colline parlementaire.

Acquisitions en vue 

Certaines acquisitions dans l’îlot situé dans le secteur du boulevard Honoré-Mercier et des rues Saint-Joachim et Saint-Jean seront nécessaires pour installer la nouvelle station sur Honoré-Mercier. « Des discussions sont déjà en cours avec des propriétaires », a confirmé Daniel Genest, directeur du bureau de projet, sans vouloir s’étendre sur le sujet. 

Régis Labeaume a par ailleurs révélé que la Ville est en discussions avec la propriétaire d’un lot situé à proximité de l’intersection du boulevard René-Lévesque et de l’avenue Cartier pour l’aménagement d’un stationnement étagé et d’un projet immobilier dans ce coin. Ce projet verrait le jour qu’on choisisse l’hypothèse du tunnel court ou du tunnel long, a insisté le maire de Québec.

Comme toujours, la municipalité assure privilégier les ententes de gré à gré, mais elle n’exclut jamais l’arme de l’expropriation.