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Émilie Fournier: des goûts éclectiques

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Coanimatrice de la nouvelle émission Station Potluck sur Zeste, Émilie Fournier délaisse les bons petits plats pour nous parler de son autre péché mignon : les livres !

Tous genres confondus, quels sont les romans qui vous ont le plus longtemps hantée ? 

L’attrape-cœurs de J. D. Salinger. Un classique de la littérature et un livre que j’ai lu au secondaire dans le cadre de ma concentration en anglais intensif. Mon professeur Paul a été vraiment marquant pour moi et c’est lui qui nous a fait lire ça. C’est dans son cours que j’ai réalisé que j’aimais analyser et décortiquer les choses pour les résumer ensuite. Des aptitudes qui allaient être bien pratiques pour ce que je fais dans la vie aujourd’hui !

L’Oiseau de feu d’Edward Stewart. Ma mère, qui lit beaucoup, avait cette brique. Je me souviens que c’est une des premières que j’ai lue et je me trouvais très adulte de lire « un gros livre » ! J’ai fait de la danse pendant près de 15 ans, ça a été ma première tribune. Je me suis donc clairement projetée dans les personnages principaux, deux ballerines qui doivent faire face aux exigences du milieu. 

Le Seigneur des anneaux de J. R. R. Tolkien. Je ne peux pas dire que je suis la plus grande fan de ces œuvres, mais mon père a demandé à ses trois enfants de les lire à l’époque où les films sont sortis au cinéma. Chez nous, on ne nous a pas fait lire des livres de princesse, à ma sœur et moi. C’étaient des bouquins du genre et des films style Batman ou Star Wars. J’ai toujours trouvé ça fort que mon père ne fasse pas de distinction entre les titres pour ses filles ou pour son gars. Je pense que ça a forgé notre caractère. 

Mystères de Chine, un roman jeunesse de Chrystine Brouillet. Ça a été le premier roman en bonne et due forme que j’ai lu. Je me souviens de la couverture colorée, de l’image que je me suis faite de la boîte à thé dont il est question dans le récit. Plus tard dans ma vie, j’ai eu le privilège de travailler avec Chrystine à Salut Bonjour Week-End. On a même pris le train plusieurs fois ensemble entre Montréal et Québec pour aller faire l’émission. J’ai toujours été impressionnée par la douceur et la précision avec laquelle travaille cette femme. Elle est unique en son genre, comme son écriture. 

Vous avez lu quelques bons bouquins récemment ? 

► Le récit poétique Hiroshimoi de Véronique Grenier. J’aime sa plume : brute et actuelle. On y raconte une rupture dans les règles de l’art, tantôt avec hargne et plus tard, avec nostalgie. Elle représente très bien les histoires amoureuses de notre époque. Je trouve que sa poésie est accessible parce qu’elle est vraie et représente bien les gens de ma génération. Ça se lit d’un trait et ça nous colle à la peau. 

La maison mère d’Alexandre Soublière, celui qui nous a aussi offert Charlotte Before Christ. Il y a de tout, là-dedans : de l’amour, de l’action, du fantastique et des questions de fond ! Un exercice d’écriture complexe, mais réussi. Puis, étant donné que l’histoire se déroule entre Montréal et Vancouver, deux villes que j’affectionne particulièrement, je me suis sentie interpellée. Je trouve que la question identitaire soulevée par l’auteur est très pertinente. Elle fait partie des discussions que j’ai avec des amis : si on nous enlève le français, que reste-t-il de notre culture québécoise ?

Vous avez quelques livres de recettes fétiches ? 

J’adore les livres de cuisine ! Je les feuillette comme des magazines de mode, mon autre grande passion. Le tout premier que j’ai reçu avant de partir en appartement, c’est La croûte cassée de Mariève Desjardins et Marie-Michelle Garon. Chaque parent devrait offrir ça à son enfant lorsqu’il quitte le nid. Un livre de cuisine décomplexé et ludique qui te permet de faire des épiceries et des bouffes qui ont bon goût, même quand tu n’as pas un sou et que tu dois faire tes emplettes au dépanneur. Le pain farci au parmesan et aux artichauts me suit dans bien des potlucks et a encore la cote après toutes ces années !

Aussi, je dis toujours à la blague que, plus grande, je rêve de devenir Josée di Stasio. J’adore ses livres. Je l’adore, elle ! Son attention pour les petites choses, les plaisirs simples, les rencontres autour de la table m’inspirent. J’ai littéralement adopté sa recette de cake au parmesan et fines herbes (on dénote ici une passion pour la boulangerie et le fromage ha, ha !). Bref, dans tous les livres de Josée, c’est comme si elle nous faisait voyager en Italie. (Pas de chicane avec Stefano, là !)

Qu’est-ce que vous vous promettez de lire sous peu ?

Le livre que j’ai le plus hâte de lire, c’est Homme d’affaires malgré moi du fondateur de Patagonia, Yvon Chouinard. On oublie souvent que c’est un Québécois qui a fondé cette entreprise de renommée internationale avec des valeurs qui cadrent vraiment avec les miennes. L’entrepreneuriat m’interpelle de plus en plus et j’aime la philosophie derrière cette entreprise. C’est inspirant de voir les façons de faire différentes de ces gens. Il faut dire qu’avec le contexte actuel où l’on se questionne sur notre mode de vie et de consommation, cet ouvrage est tout à fait pertinent. 

Enfin, quel est le livre qui a le plus de « vécu » dans votre bibliothèque ? 

Le livre sur l’œuvre d’Yves Saint Laurent de David Teboul. Un superbe objet que j’ai trouvé dans une vente de garage pour quelques dollars. Je pense que c’est ce qui lui confère son charme ! Je m’y plonge souvent pour trouver de l’inspiration. Saint-Laurent est un personnage qui me fascinera toujours. Son apport à la mode contemporaine est gigantesque. J’ai même eu la chance d’aller visiter son atelier à Paris.