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La balloune pétée

Le premier ministre désigné du Québec, François Legault, et le p
Photo d'archives, Alexandre Robillard Justin Trudeau doit tirer des leçons de sa défaite de cette semaine.

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Oh ! Ça ne fait pas très sérieux comme titre. Cependant, aucune image ne peut mieux représenter ce qui est arrivé au Canada de Justin Trudeau cette semaine. Une belle grosse balloune rose... qui éclate. Et tous se rendent comptent que ce n’était que de l’air.

Le vote pour ramener le Canada au Conseil de sécurité de l’ONU devait devenir la consécration du grand succès de Justin Trudeau sur la scène internationale. L’histoire était bien présentée : le Canada, devenu méprisé dans le monde à cause du méchant Harper, retrouvait le chemin de l’amour universel. Animé par le généreux Justin, porteur de toutes les bonnes causes, le « plus meilleur » pays du monde redeviendrait le plus aimé.

Mais tout cela n’était que bouillie pour les chats.

Le Canada n’est jamais descendu aussi bas sous Stephen Harper que ce que l’équipe Trudeau a raconté avec l’aide de certains médias. Et le supposé retour en force du Canada tiré par le superhéros Justin avec sa cape n’a jamais eu lieu. Tout ça n’était qu’une histoire, du vent, de l’air.

Résultat catastrophique

Plusieurs analystes l’ont souligné : le résultat du Canada a été pire cette année que la gifle d’il y a dix ans. Moins de votes pour le Canada face à des adversaires bien plus petits. Pourtant, Justin Trudeau a mené une campagne, fait des promesses, distribué notre argent, dans l’espoir de convaincre des pays plus pauvres d’exprimer leur amour pour le Canada.  

La supposée politique de retour en force de Justin Trudeau dans le monde est donc un échec. Mais elle était fondée sur quoi, exactement, cette politique ? Essentiellement, une chose : les thèmes à la mode. Justin Trudeau enfilait des chaussettes à la mode pour porter sur la scène internationale les causes à la mode.

L’environnement, le multiculturalisme, le féminisme, on peut être sympathique aux thèmes abordés. Mais soyons sérieux. Les grands leaders politiques sur la scène mondiale regardent les enjeux à fond, ils mesurent la crédibilité de leurs vis-à-vis, ils soupèsent les intérêts de leur pays. Ils ne se laissent pas attendrir par des discours creux sur les bonnes causes.  

Pris au sérieux ?

Justin Trudeau a fait forte impression dans ses premiers mois par la fraîcheur du discours. Or, tous ont bien senti par la suite que nombre de ses bonnes intentions ne s’appuyaient ni sur une réflexion de fond ni sur une stratégie de résultats. Des paroles, des paroles et encore des paroles. Ah, oui... et aussi une photo ! On se demande s’il est encore pris au sérieux par les autres leaders.

Espérons au moins que cette semaine, le gouvernement Trudeau aura pris sa leçon. Le Canada ne doit plus être le gentil rêveur qui se joint à tous les mouvements pour être dans le vent. Le Canada doit poursuivre une stratégie de relations internationales basée sur ses intérêts, son économie, avec des alliés et d’autres pays devant qui il vaut mieux se tenir debout pour ses principes.