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La course aux remèdes: des progrès tous les jours

Les scientifiques du monde entier tentent de percer les mystères du coronavirus

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Les parutions scientifiques surviennent à un rythme effréné depuis le début de la pandémie. Chaque jour apporte son lot de nouvelles perspectives dans la recherche d’un remède ou de nouvelles connaissances sur les origines et le fonctionnement du coronavirus. Si aucun traitement définitif n’a encore été trouvé, ce flot de découvertes a certainement quelque chose d’encourageant. Le Journal vous propose ici un aperçu des dernières trouvailles scientifiques à travers le monde.

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Une mutation l’aurait rendu plus infectieux 

Photo Adobe Stock

Une minuscule mutation génétique du coronavirus SARS-CoV-2 aurait augmenté considérablement sa capacité à infecter les cellules humaines, selon des chercheurs de l’institut Scripps en Californie.

Les auteurs de l’étude, qui n’a pas encore été révisée par des pairs, ont analysé une souche du virus qui est maintenant « dominante » en Europe et aux États-Unis.

Cette souche contient une mutation, appelée D614G, qui n’était pas présente dans les premières variantes du virus.

Les scientifiques ont remarqué que le virus est nettement plus infectieux avec cette mutation, qui serait apparue en mars.

Toutefois, comme ces observations ont été faites en laboratoire dans un environnement contrôlé, on ne peut pas encore affirmer que cela se traduit nécessairement par une plus grande transmission du virus dans le monde réel.

Avec le temps, le coronavirus serait devenu plus « stable » parce que les pointes à la surface du virus, qui lui permettent de se lier aux cellules humaines, seraient devenues plus nombreuses et plus « flexibles », croient les chercheurs.

Ce qu’en pense le doc Béliveau 

L’apparition d’une mutation qui rend le virus plus stable était prévisible, dans la mesure où les virus obéissent aux lois de la sélection naturelle et cherchent constamment à améliorer leurs chances de survie. Il reste toutefois à déterminer l’impact réel de cette mutation sur son potentiel infectieux au niveau populationnel. 

Un médicament qui sauve des vies 

Photo AFP

 

Déjà utilisée pour traiter d’autres maladies et pas dispendieuse, la dexamethasone, un médicament de la famille des stéroïdes, a alimenté l’espoir autour du globe ces derniers jours.

Selon une étude britannique, elle réduirait d’un tiers la mortalité des patients atteints gravement par la COVID-19, soit ceux placés sous ventilation artificielle.

Chez les personnes moins souffrantes, à qui on administre de l’oxygène avec un masque, cet anti-inflammatoire pourrait éviter une mort sur cinq.

Par contre, il n’aurait aucun effet sur les patients qui ne nécessitent pas d’assistance respiratoire.

C’est du moins ce qu’a montré l’essai britannique Recovery auquel ont participé plus de 6400 patients, dont 2104 ont reçu le traitement expérimental.

Ces résultats, qualifiés d’« avancée majeure », ont même amené le gouvernement britannique à encourager l’utilisation de la dexamethasone pour les malades dans un état grave, a rapporté l’AFP.

Ce qu’en pense le doc Béliveau  

L’inflammation joue un rôle clé dans le développement des complications sévères de la COVID-19 et il est encourageant de voir que des médicaments bien établis qui combattent cette inflammation excessive peuvent guérir les patients gravement malades.  

D’autres antiviraux à l’étude 

Photo courtoisie

Un groupe de chercheurs affiliés à l’université norvégienne de sciences et de technologie (NTNU) a développé en laboratoire une culture de cellules humaines infectées par le SARS-CoV-2.

Celle-ci a permis de tester 136 médicaments qui existent déjà sur le marché pour soigner d’autres maladies et qui sont donc réputés sécuritaires pour les humains.

L’objectif était de vérifier si certains pourraient avoir un quelconque effet inhibiteur sur le nouveau coronavirus. Finalement, six molécules différentes ont montré du potentiel.

Une combinaison de deux de ces médicaments a plus particulièrement retenu l’attention : ensemble, le nelfinavir (un traitement contre le VIH) et l’amodiaquine (un médicament antipaludéen et anti-inflammatoire) « présentaient la plus grande synergie », ont mentionné les scientifiques qui estiment que ces médicaments devraient faire l’objet d’études précliniques dès maintenant.

Il faudra toutefois attendre les essais sur les humains pour savoir si ce traitement pourra réellement aider des patients atteints de la COVID-19.

Ce qu’en pense le doc Béliveau 

À défaut de pouvoir compter sur des antiviraux spécifiques, une stratégie basée sur des combinaisons de médicaments développés pour traiter d’autres maladies représente une avenue intéressante. 

Une technologie unique 

La compagnie pharmaceutique américaine Regeneron a lancé le 11 juin dernier un premier essai clinique sur les humains pour vérifier l’efficacité de son « cocktail d’anticorps antiviraux » contre la COVID-19, appelé REGN-COV2.

L’entreprise a une technologie unique qui lui permet de produire des anticorps humains à partir de souris génétiquement modifiées.

Elle s’est servie de cette technologie et d’anticorps provenant du sérum de survivants de la COVID-19 pour analyser des milliers d’anticorps et en sélectionner deux qui semblaient plus prometteurs.

Le REGN-COV2, qui prend la forme d’une injection, serait en mesure à la fois de traiter et de prévenir une infection à la COVID-19.

Rappelons que le corps humain produit naturellement des anticorps quand il rencontre un virus pour la première fois ou quand on lui inocule un vaccin.

Le traitement à base d’anticorps fournit une immunité immédiate, mais temporaire, et donc moins durable que celle que procure un vaccin.

Regeneron prétend cependant que son traitement pourrait être disponible « bien avant » un vaccin.