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La course aux remèdes: la lueur d’espoir entourant le remdesivir pâlit

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Photo AFP

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Présenté à la mi-mars comme le médicament le plus prometteur par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le remdesivir perd du terrain dans la course au traitement contre la COVID-19.

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« La lueur d’espoir a un peu pâli », lance Benoit Barbeau, virologue et professeur à l’UQAM. Il y a un mois à peine, le remdesivir était considéré comme ayant une longueur d’avance sur d’autres molécules faisant l’objet d’essais cliniques pour traiter la COVID-19.

Or, au cours des derniers jours, d’autres résultats de recherche tendent à démontrer que ce médicament initialement développé pour lutter contre l’Ebola ne produit pas les résultats emballants espérés. 

La molécule permettrait de réduire de quelques jours des symptômes sévères liés à la COVID-19, permettant aux patients de se rétablir plus rapidement.

Mais les résultats de cette étude chinoise publiée dans The Lancet restent mitigés : les essais cliniques ont été arrêtés en raison d’effets secondaires identifiés sur les patients traités.

« C’est un bon début, mais on s’est peut-être emballé trop rapidement », affirme-t-il.

D’autres études en cours

Il faudra toutefois attendre les résultats d’études internationales menées par l’OMS et l’Union européenne dans plusieurs pays sur des milliers de patients avant d’en arriver à « des conclusions plus fermes » sur l’efficacité de ce médicament, prévient le virologue. 

Lors d’essais cliniques visant à déterminer l’efficacité d’une molécule, plusieurs variables peuvent influencer les résultats : le dosage du médicament, à quel stade de développement de la maladie on l’administre, les prédispositions des patients, etc. 

« Il y a une multitude de facteurs qui peuvent faire en sorte que les résultats peuvent changer », souligne le virologue.

Depuis quelques jours, tous les yeux sont maintenant tournés vers la dexaméthasone, un corticostéroïde qui réduirait du tiers la mortalité chez les patients placés sous respirateur artificiel aux soins intensifs, selon des chercheurs britanniques. 

Ce qu’en pense le doc Béliveau  

Remdesivir : En plus des résultats plutôt décevants obtenus avec le remdesivir, un autre problème qui milite contre l’utilisation de ce médicament à grande échelle est sa faible disponibilité. Alors que des millions de doses d’autres médicaments prometteurs, comme la dexaméthasone, sont déjà disponibles à faible coût, la synthèse du remdesivir est fort complexe et demande beaucoup de temps, de sorte qu’il n’y a présentement pas de quantités suffisantes de cette molécule pour traiter la majorité des malades atteints de la COVID-19.