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La course aux remèdes: une découverte importante et prometteuse à Québec

Un médicament pour l’hypertension décuplerait l’effet anti-COVID du remdesivir

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le Dr Guy Boivin dirige une équipe franco-québécoise à partir du Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval. Il mise sur le « repositionnement thérapeutique », soit l’utilisation de médicaments existants pour traiter la COVID-19.

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La combinaison du remdesivir au diltiazem, un médicament pour l’hypertension artérielle, s’est avérée redoutable pour combattre la COVID-19 en laboratoire, ont découvert des chercheurs du CHU de Québec, a appris Le Journal.

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Cette découverte inattendue, dans les dernières semaines, relève du hasard, reconnaît le Dr Guy Boivin, qui collabore avec des scientifiques basés à Lyon, en France, pour un autre projet de recherche.

« On s’est inspirés d’un exercice qu’on a fait il y a quelques années pour l’influenza A (H1N1). On avait trouvé que le diltiazem avait une activité intéressante contre le virus, assez qu’on a déposé des brevets et on est en phase clinique 2 pour le traitement de la grippe sévère, soit avec le Tamiflu seul ou le Tamiflu avec le diltiazem », raconte-t-il.

« En attendant d’avoir identifié la signature spécifique du SARS-CoV-2 dans une cellule de bronche ou de poumon humain, on s’est dit : “On va regarder si le diltiazem pourrait aussi avoir une efficacité non seulement contre l’influenza, mais aussi contre l’agent de la COVID-19.” »

Un potentiel « décuplé »

Seul, le diltiazem (commercialisé aussi sous le nom de Cardizem pour traiter l’hypertension et l’angine) a démontré une activité « modérée » pour inhiber le virus lors de tests in vitro.

Mais en le jumelant au remdesivir, considéré comme l’antiviral le plus prometteur par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) jusqu’à présent, les résultats ont été percutants.

« Le remdesivir, à mon humble avis, c’est le seul médicament qui a fait ses preuves pour traiter les infections à la COVID-19 dans une étude randomisée à double insu avec placebo et on a potentialisé son action inhibitrice. Il reste à le prouver chez l’animal, mais en laboratoire, on a une activité qui est décuplée quand on combine les deux molécules. On touche à quelque chose. C’est encourageant », se réjouit le Dr Boivin.

D’ici deux semaines, son équipe aura également identifié une vingtaine d’autres composés pouvant agir contre la COVID-19.

Certains d’entre eux pourraient même être plus efficaces que le diltiazem, croit-il. Une étude clinique est envisageable « dans un horizon de quatre à six mois ». 

Ce qu’en pense le doc Béliveau  

Diltiazem : L’hypertension et les maladies cardiovasculaires sont parmi les principales comorbidités de la COVID-19 et il est donc biologiquement plausible que l’action du diltiazem au niveau des vaisseaux sanguins puisse réduire la gravité de la COVID-19.