/weekend
Navigation

Nouveau roman de Guillaume Musso: la rage de vivre des personnages

COMBO-FRANCE-LITERATURE
Photo d'archives, AFP

Coup d'oeil sur cet article

En trois actes et deux coups de théâtre, Guillaume Musso, écrivain magicien, plonge ses lecteurs dans un univers mystifiant, où les personnages prennent vie, littéralement, dans son nouveau livre, La vie est un roman. Habilement structuré, riche en surprises et en références littéraires, ce nouvel ouvrage très attendu est un must. Et l’un des romans les plus réussis de cet auteur au succès phénoménal.

Flora Conway, romancière renommée à la discrétion légendaire, commence son nouveau roman en racontant la disparition de sa fille de trois ans, Carrie, alors qu’elles jouaient une partie de cache-cache dans leur appartement de Brooklyn.

Au fil de la lecture, on apprend que la disparition ne s’explique pas et que l’enquête policière n’a mené à rien. 

Au même moment, de l’autre côté de l’Atlantique, Romain, un écrivain au cœur en miettes après une séparation douloureuse avec une femme complètement cinglée, trouve refuge dans une maison délabrée. C’est bel et bien lui qui a la clé du mystère entre les mains. C’est lui qui écrit... donc, c’est lui qui décide du sort de ses personnages. En principe.

Interviewé depuis Paris, Guillaume Musso explique que l’idée du roman lui est venue en jouant lui-même à cache-cache avec ses enfants, surtout avec son fils. «Au fil des années, j’ai vu que plus il grandissait, plus il se cachait dans des endroits où j’avais du mal à le trouver.»

«L’histoire est partie d’un jour où j’ai mis deux minutes pour le trouver... et de la peur que j’ai éprouvée à ce moment-là. Je voulais démarrer l’histoire comme une sorte de Mystère de la chambre jaune, avec une disparition d’enfant alors que les fenêtres sont closes, que la porte est fermée à double tour, et les soupçons qui se portent vers la mère, qui est romancière. Après, le roman a pris une autre ampleur avec l’entrée en scène de l’autre écrivain.»

Monde réel, monde imaginaire

Puis le livre a pris une autre direction, plus centrée sur l’écriture, sur les rapports de l’écrivain avec ses personnages, et sur cette lutte entre le monde imaginaire et le monde réel.

«C’est un livre que je me sentais légitime d’écrire, parce que ça fait à peu près 20 ans que je me lève tous les matins, que j’allume mon ordinateur, que je vais écrire. Ça fait 20 ans que je fais ces aller-retour entre un univers imaginaire que je crée et ma vie personnelle et familiale.»

Il cite quantité d’œuvres et d’écrivains dans son roman. Grand lecteur, il explique vivre un compagnonnage par rapport à de grands auteurs comme Georges Simenon et Romain Gary. «Ce sont deux écrivains que je trouve aussi fascinants dans leur vie d’homme que dans leur œuvre.»

Trois actes

La romancière dont il raconte l’histoire, Flora Conway, est une créature à la Frankenstein, qui finit par avoir sa vie propre. Guillaume Musso connaît bien l’œuvre de Mary Shelley... mais l’idée lui est venue autrement. 

«Je fréquente mes personnages depuis longtemps et en écrivant, je vois bien que parfois, les personnages ont envie de s’émanciper et de faire des choses auxquelles on ne les prédestinait pas forcément. C’est à la fois ce qui est intéressant dans ce métier d’écriture, et ce qui peut être à la fois source de problèmes et d’écueils.»

Guillaume Musso précise que son roman est conçu comme une pièce de théâtre en trois actes. «Chaque partie remet en cause le statut de la partie que vous venez de lire.» Le plus grand défi fut d’arriver à rendre cette histoire crédible. «Et ça, vous ne pouviez pas le savoir avant de l’écrire!» 

EXTRAIT   

<b><i>La vie est un roman</i></b><br/>
Guillaume Musso<br/>Éditions Calmann Levy<br/>304 pages
Photo courtoisie
La vie est un roman
Guillaume Musso
Éditions Calmann Levy
304 pages

« Brooklyn, automne 2010.

Il y a six mois, le 12 avril 2010, ma fille de trois ans, Carrie Conway, m’a été enlevée alors que nous jouions toutes les deux à cache-cache dans mon appartement de Williamsburg. 

C’était un bel après-midi, clair et ensoleillé, comme New York en offre beaucoup au printemps. Fidèle à mes habitudes, j’étais allée à pied chercher Carrie à son école, la Montessori School de McCarren Park. Sur le chemin du retour, nous nous étions arrêtées chez Marcello’s pour acheter une compote et un cannoli au citron que Carrie avait dévorés tout en gambadant gaiement à côté de sa poussette. » 


♦ Guillaume Musso est l’auteur français le plus lu en France, et ce depuis huit ans (source : GFK).

♦ Il est né à Antibes en 1974. Il a commencé à écrire pendant ses études et n’a plus jamais cessé.

♦ En 2004, la parution de Et après... consacre sa rencontre avec le public.

♦ Il a écrit La Fille de papier, Central Park, Un appartement à Paris, La Jeune fille et la nuit.

♦ Ses romans, tous des best-sellers, sont traduits en 41 langues et ont été plusieurs fois adaptés au cinéma.