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Le virus des fausses nouvelles: le web n'en fait pas assez

Facebook, Twitter et YouTube ont un rôle à jouer, selon les experts

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Les grands réseaux sociaux ont bien tenté de limiter l’épidémie de fausses nouvelles liées à la COVID-19 qui se propage en ligne, mais force est d’admettre que les efforts ne sont pas suffisants et qu’une part de responsabilité leur revient aujourd’hui, soutiennent des experts.

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Dès les premiers jours de la crise, Facebook, Twitter et YouTube ont été assaillis de théories du complot et de fausses nouvelles entourant la pandémie.

Rapidement, certains ont investi pour tenter d’endiguer le problème, mais la masse de publications s’avère tout simplement trop imposante.

Chez Facebook, une équipe de vérificateurs de faits et une soixantaine de partenaires médias comme AFP ou Reuters révisent des publications douteuses et y ajoutent un avertissement.

Pour prouver l’ampleur de la tâche, en avril seulement, 50 millions de publications ont été affublées de cet avertissement. 

Un concept semblable d’avertissements a aussi été développé chez Twitter.

De son côté, YouTube a modifié ses politiques pour supprimer tout contenu médical qui irait à l’encontre des positions de l’Organisation mondiale de la santé.

La ligne est toutefois difficile à tracer et certains contenus y échappent.

« Cette mésinformation empêche la diffusion d’informations précises, ce qui entrave les efforts des responsables de la santé publique et des professionnels de santé pour lutter contre la pandémie », estiment les auteurs d’une étude de l’Université d’Ottawa, menée par Heidi Oi-Yee Li.

Le rôle des algorithmes

L’un des problèmes du contrôle de la fausse information est la difficulté pour les réseaux sociaux d’aller contre leur propre algorithme.

« Ce n’est pas nécessairement leur premier intérêt de contrer les fausses nouvelles. Et comme leur système n’a pas été fait pour ça, ça devient difficile de voir comment ils pourraient réussir à contrer ça », avance Marie-Ève Carignan, professeure au Département de communication de l’Université de Sherbrooke.

En temps normal, plus les contenus diffusés obtiennent d’interactions, comme des commentaires ou des partages, plus leur visibilité sera grande, ce que les gens diffusant de fausses nouvelles savent très bien.

Rapidement repartagées, largement commentées, ces publications en viennent à prendre beaucoup de place sur les fils d’actualité.

Les fameux algorithmes partagent également avec les utilisateurs des contenus liés à leurs recherches ou leurs lectures passées.

Prudence

La chercheuse Ève Dubé émet toutefois un bémol à ce que les réseaux sociaux agissent dans la gestion des fausses nouvelles. Elle craint notamment que ces actions renforcent les croyances des complotistes.

« Ça dit : vite, va voir telle affaire avant que le gouvernement l’enlève. Le fait que le contenu disparaisse, ça sert leur argument », expose-t-elle.

— Avec la collaboration de Kathryne Lamontagne

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