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Le virus des fausses nouvelles: les anti-vaccins, nuisibles dans la lutte contre la pandémie

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En encourageant les gens à ne pas se faire vacciner ou à ignorer les mesures sanitaires en place, la désinformation de masse à laquelle on assiste depuis le début de la crise pourrait nuire dangereusement à la lutte contre le coronavirus.

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Dès la fin avril, le directeur de l’OMS sonnait l’alarme. « Les mythes et la désinformation sur les vaccins ne font que jeter de l’huile sur le feu », affirmait Tedros Adhanom Ghebreyesus, en abordant le danger des fausses nouvelles dans la foulée de la COVID-19.

Tous les experts avec qui Le Journal s’est entretenu affichaient la même inquiétude.

« Les fausses nouvelles et les théories du complot créent sur les réseaux sociaux un environnement anxiogène, qui donnent au vaccin cette idée-là que c’est effrayant, qu’il y a des risques derrière tout ça », explique Jonathan Jarry, communicateur scientifique pour l’Organisation--- pour la science et la société de l’Université McGill.

Selon différents sondages menés au Canada, en France et aux États-Unis, environ 25 % de la population hésite ou refuserait de se faire vacciner contre la COVID-19, rapporte l’anthropologue de la santé, Ève Dubé.

Faire perdurer le problème

Pour le chercheur québécois Denis Leclerc, il ne fait aucun doute que le mouvement anti-vaccin--- mettra des bâtons dans les roues de la science au cours des prochains mois.

« C’est beau avoir un vaccin efficace, mais encore faut-il que les gens le prennent », lance le microbiologiste et infectiologue, qui travaille sur le développement d’un remède pour la COVID-19.

« Quand on entend que des enfants en Angleterre sont aux soins intensifs pour des complications de la rougeole, même si on sait qu’on a un vaccin depuis les années 1960, on réalise que cette guerre [de la vaccination] n’est pas gagnée », renchérit-il.

Et comme le vaccin sera la seule issue à la crise selon les scientifiques, une difficulté à vacciner à grande échelle pourrait bien faire perdurer le problème.

« Si les gens ne le prennent pas, le vaccin, c’est sûr que ça va contribuer à ce que la pandémie se poursuive. Il faut que le monde l’accepte, tout simplement », poursuit l’expert, qui qualifie la méthode vaccinale de « ce que la médecine a fait de mieux ».

Fausses cures

D’ici l’arrivée d’un vaccin, la désinformation liée aux fausses cures peut aussi représenter un enjeu de santé publique.

« C’est vraiment dangereux. Les gens peuvent penser qu’ils sont protégés parce qu’ils se sont exposés au soleil 15 minutes ou qu’ils ont mangé de l’ail. Parce qu’ils se pensent immunisés, ils se mettent eux-mêmes en danger en s’exposant au virus », illustre la professeure en communication Marie-Ève Carignan.

Idem pour ceux qui sont convaincus de l’efficacité de l’immunité naturelle et qui, volontairement, refusent d’appliquer les mesures de distanciation sociale.

« Ces gens-là vont se rassembler, attraper la maladie, la ramener dans leur cercle, leur famille. C’est inquiétant », statue Jonathan Jarry.

Situation au Québec

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