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Un registre des loyers demandé

L’embourgeoisement de Limoilou inquiète Sol Zanetti

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Photo Pascal Huot Le quartier Limoilou est de plus en plus recherché, sauf que le prix des loyers y a beaucoup augmenté ces dernières années. Ci-dessus, une famille à vélo sur la 3e Avenue.

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Afin de freiner l’embourgeoisement du secteur de Limoilou, le député du secteur, le solidaire Sol Zanetti, ainsi que plusieurs organismes somment le gouvernement provincial d’instaurer un registre des loyers.

« C’est un quartier où les prix augmentent énormément. Dans le milieu des années 2000, il y avait des 5 ½ à 350 $, 400 $ par mois. Ça, aujourd’hui, c’est impossible, à moins que la personne soit là depuis trente ans », déplore le député de Jean-Lesage, Sol Zanetti.

Il ajoute avoir vu un 3 ½ affiché à 1500 $ par mois en décembre dernier.

M. Zanetti souligne avoir récemment déposé un projet de loi pour l’élaboration d’un registre des loyers qui rendrait public le prix des loyers pour les cinq dernières années.

« C’est une mesure qui a fait ses preuves ailleurs, comme en Belgique et en Russie, fait valoir le député. On peut demander la justification d’une hausse de prix et ça freine les proprios qui pourraient profiter d’un changement de locataire pour procéder à hausse démesurée. »

Mixité sociale

Le député espère ainsi conserver la mixité sociale du secteur et éviter que des familles quittent leur quartier.

« Les familles qui cherchent de grands logements, bien ils doivent quitter Limoilou, parfois. C’est rendu moins cher d’acheter un bungalow plus en périphérie », poursuit M. Zanetti.

Le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) estime pour sa part qu’il y a eu beaucoup de conversion en condos dans Limoilou dans les dernières années, ce qui a eu pour effet de chasser des gens du quartier.

La porte-parole Véronique Laflamme dénonce également les « rénovictions » qui ont, selon elle, pour but de chasser les locataires de longue date.

« On en voit beaucoup à Montréal, mais ça fait son apparition, ici dans Limoilou », lance-t-elle.

Prix du marché

Hans Brouillette, porte-parole à la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ), rétorque qu’un propriétaire est dans ses droits lorsqu’il ajuste un loyer au prix du marché, notamment lors du départ d’un locataire de longue date.

Il est normal, ajoute-t-il, que les loyers augmentent, lors de rénovations.

« Personne ne sera intéressé à investir 300 000 $ dans un immeuble si les loyers restent à 600 $ ou 700 $ par mois. Ça va finir qu’il sera condamné et reconstruit en copropriété ou en logement locatif, mais sans contrôle des loyers pendant 5 ans », fait-il valoir.

Selon des données du recensement de 2016, 2600 ménages consacraient plus de la moitié de leur revenu à se loger dans Limoilou.

Des organismes réclament des logements abordables. La conseillère municipale Émilie Villeneuve, également responsable du volet logement social, indique qu’un projet d’habitation communautaire de 106 logements sera construit, au coin de la 18e Rue et de la rue Marie-Clarisse.

Le chantier doit commencer cet été.