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Trajet Québec–Îles-de-la-Madeleine: un grave accident sonne l’alarme

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Un grave accident impliquant un couple québécois en route vers les Îles-de-la-Madeleine scandalise des élus madelinots, qui appellent Québec à agir contre le trajet rendu «dangereux» par les conditions de passage exigées du Nouveau-Brunswick.

Les deux Québécois, âgés de 59 et 55 ans, sont partis de la Rive-Sud de Montréal, samedi avant-midi, pour rallier leur résidence secondaire. Ils ont franchi un premier point de contrôle près d’Edmundston, au Nouveau-Brunswick, où ils ont dû patienter plus de trois heures. Après quoi ils ont poursuivi leur chemin, sous la condition de ne pas s’arrêter pour manger ou dormir jusqu’au traversier.

Peu après la tombée de la nuit, vers 22 h, la voiture circulait sur l’autoroute transcanadienne près de Fredericton quand elle a heurté un orignal. De sérieuses blessures ont forcé le transport du couple dans un centre hospitalier, alors que leur fils de 28 ans, à l’arrière, s’en est tiré sans blessure.

Inhumain

Le pire a été évité, mais le vase déborde pour deux élus madelinots. « Déplorable, inacceptable, inadmissible », tonne le maire des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre. À la source du mécontentement se trouvent les conditions de passage convenues entre Québec et Fredericton, dont les plus récentes qui interdisent les arrêts, excepté pour l’essence.

Les policiers aux points de contrôle « demandent de revenir vers 20 h ou 22 h pour passer la frontière du Nouveau-Brunswick pour s’assurer que le temps soit insuffisant » pour faire un arrêt, raconte le député péquiste des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, vers qui affluent les témoignages de transit « extrêmement pénibles ».

«Ça force les gens à conduire la nuit, s’alarme Jonathan Lapierre. Il y a une province qui s’est décidée à contrôler le Québec. C’en est rendu dangereux.»

Environ 12 heures de route séparent Montréal du traversier à Souris. Avec ces restrictions, les automobilistes « ne savent pas si ça va prendre 12, 15 ou 18 heures » pour compléter le trajet, précise le député Arseneau. «Ce n’est pas humain ce qu’on veut imposer, cette espèce de parcours du combattant, aux Québécois qui veulent revenir à la maison ou venir aux Îles», seconde l’élu péquiste.

Vies «en jeu»

Selon M. Arseneau, Québec «ne peut pas rejeter la responsabilité sur quiconque», alors que des milliers de vacanciers s’apprêtent à prendre la route vers les Îles cet été. «On ne peut pas mettre la vie des gens en jeu à ce point-là», prévient l’élu.

Pour le maire Lapierre, l’«absurdité» a assez duré et il est temps que le sujet soit discuté en haut lieu. «Le fédéral, son rôle, c’est d’assurer une cohérence dans la fédération. Le Québec, le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard en font partie. Le rôle du fédéral devrait être d’asseoir les gens autour de la table. Et les gens, ce sont les premiers ministres», invoque-t-il.

Le cabinet du premier ministre François Legault a indiqué au Journal vouloir «faire des vérifications» avant de «commenter davantage».

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