/news/coronavirus
Navigation

COVID-19: malades des mois après un test

Plusieurs personnes aux prises avec le virus depuis très longtemps sont épuisées et se sentent seules

GEN - SOLANGE BEAULIEU ET LE COVID-19
Photo Martin Alarie Deux mois après un premier test positif à la COVID-19, Solange Beaulieu, une travailleuse sociale, raconte qu’elle éprouve encore des symptômes de la maladie, comme de la fatigue intense.

Coup d'oeil sur cet article

De nombreux Québécois qui ont contracté la COVID-19 s’inquiètent de ressentir des symptômes comme des palpitations cardiaques, des maux de tête et de la fatigue des semaines, voire des mois, après avoir reçu un diagnostic positif.

• À lire aussi: Tous les développements de la pandémie

• À lire aussi: Pas de cohue vers les restaurants

« Dans les médias, on se fait dire que la COVID dure 14 jours. Mais il y a des gens, comme moi, qui ne sont pas capables de reprendre une vie normale. Je n’ai pas d’énergie. Juste pour me doucher, je dois le planifier, car ça me fatigue trop », raconte Lucie Paquette, 51 ans, infectée depuis le 28 avril.

Lucie Paquette
Photo courtoisie
Lucie Paquette

« Après des semaines sans pouvoir aller travailler, je me remettais en question. Je partage mon histoire pour que ceux qui le vivent ne se sentent pas seuls », exprime-t-elle avec une faible voix. 

Solange Beaulieu vit elle aussi avec le virus depuis plusieurs mois. Son premier test positif date du 26 avril.

« Le 4 juin, la santé publique m’a appelée, car mon test était encore positif, mais elle m’a aussi dit que j’étais guérie, comme ça faisait assez longtemps depuis le début de mes symptômes. Je ne comprenais pas trop », rapporte cette travailleuse sociale de 27 ans. 

« Aujourd’hui, je tousse et je suis encore fatiguée. Je dois faire une sieste sur l’heure du dîner, car j’ai de la misère à terminer ma journée. »

Cyclique

Pour sa part, Claude, qui a préféré taire son nom de famille, ressent encore des épisodes symptomatiques et n’a toujours pas retrouvé l’odorat, deux mois et demi plus tard. 

« C’est cyclique. Je peux me sentir bien deux ou trois jours, puis ça revient. Je ressens des douleurs au sternum, je suis essoufflée et mon rythme cardiaque monte. Mon cœur varie de 53 à 106 battements par minute », relate l’infirmière d’expérience.

« J’ai aussi des problèmes de concentration et de mémoire ; j’ai l’impression d’avoir le cerveau mou », poursuit-elle. 

« Pas un Extraterrestre »

Certaines personnes avec qui Le Journal s’est entretenu ont trouvé du réconfort en découvrant sur les réseaux sociaux que plusieurs vivent également une forme longue du coronavirus.

Au sein du groupe « J’ai eu la COVID-19 », plusieurs partagent leurs symptômes, qui durent depuis des mois.

« Je ne suis pas un extraterrestre ! Je ne suis pas le seul à me sentir tout croche depuis aussi longtemps. Mes symptômes partent et reviennent. C’est en dents de scie. J’aimerais que les professionnels en santé en parlent davantage, car c’est comme si j’étais tombé bien creux entre deux chaises. Je me sens oublié et délaissé », confie Charles Brault, 39 ans, préoccupé par ses symptômes persistants.  

La science a peu de réponses à offrir pour le moment. 

Le microbiologiste Karl Weiss, de l’Hôpital général juif à Montréal, incite les malades à la patience. 

« Pour une simple pneumonie, les gens peuvent ressentir de la fatigue pendant deux ou trois mois. C’est totalement normal qu’une personne ait encore des symptômes un mois après avoir eu la COVID. Il est trop tôt pour parler de maladie chronique associée au virus. On verra dans un an. » 


« Depuis huit semaines, les siestes de quelques heures font partie de mon quotidien. J’ai toujours un mal de tête et une lourdeur.

Même si la santé publique m’a officiellement sortie de mon isolement, je me demande si je suis encore contagieuse, car j’ai encore des symptômes. »

– Lucie Paquette, 51 ans

« Ça fait plus de 50 jours [que je suis malade]. J’ai eu beaucoup de symptômes : toux, courbatures, étourdissements, perte de goût et d’odorat, mais rien de majeur qui m’a menée à l’hôpital. Aujourd’hui, je tousse et je suis encore fatiguée. Je dois faire une sieste sur l’heure du dîner, car j’ai de la misère à terminer ma journée. »

– Solange Beaulieu, 27 ans