/misc
Navigation

La CAQ ferait mieux d’en profiter....

remaniement ministeriel
Photo Simon Clark François Legault

Coup d'oeil sur cet article

Le lendemain de la fête nationale, mon beau-père, sur un ton gentiment sadique, avait l’habitude de dire : « Les jours commencent à raccourcir ! »

C’est un peu ce que le gouvernement Legault devrait se dire. Les 51 % d’appui, c’est comme un solstice d’été : beau et enivrant, mais passager.

Dure réalité du pouvoir en démocratie d’opinion. Malgré toute la maestria de François Legault à « parler au monde », il serait surprenant que ça dure.

Pas d’effet Anglade

Le ciel, bien sûr, ne s’assombrira pas du jour au lendemain. Car les temps sont durs pour les partis d’opposition. Notre sondage du début de la semaine l’indiquait : libéraux à 22 %, PQ à 14 % et Québec solidaire à 10 %.

La pandémie leur a nui. En pleine crise, on appuie son gouvernement.

Jusqu’à maintenant, l’opposition officielle n’a bénéficié d’aucun « effet Anglade ». La députée de Saint-Henri–Sainte-Anne a pris la tête du PLQ par défaut, en pleine période où l’électorat avait l’esprit ailleurs.

Reste que les troupes libérales ont connu une bonne fin de session. Heureusement pour la CAQ, la dernière période de questions, le 12 juin, n’a pas eu les cotes d’écoute que recueillait la « messe » de 13 h du PM.

Le gouvernement a fait face à un barrage de questions sur les erreurs de gestion de la pandémie. Avec le recul, on comprend qu’il y ait eu remaniement. Il fallait changer l’« équipe santé » avant la deuxième vague, les enquêtes sur l’hécatombe en CHSLD et... le retour des affrontements partisans.

PQ sans chef

Le gouvernement fut contraint de retourner à sa table à dessin pour le projet de loi 61 sur l’accélération des projets d’infrastructures. Il a même cru nécessaire de changer de ministre. Ce sera Sonia LeBel qui en sera chargée, elle qui a laborieusement répondu aux salves de la péquiste Véronique Hivon, le même 12 juin : « Comment a-t-elle pu abdiquer son rôle fondamental de gardienne de nos lois ? »

La crédibilité et l’autorité de l’élue de Joliette l’ont propulsée au rang de vice-chef en 2018. Cette fois-ci, elle n’est pas en lice pour devenir le calife. Le PQ d’ailleurs sera encore, jusqu’au 9 octobre, « distrait » par une course à la direction.

QS « monosujet »

Québec solidaire avait opté l’an dernier pour la stratégie du « monosujet », les changements climatiques. Il avait lancé « ultimatum 2020 » par lequel il menaçait le gouvernement d’un « barrage parlementaire » implacable pour l’automne si le plan de réduction des GES était insatisfaisant. La pandémie l’a toutefois forcé à tout suspendre. La page ultimatum.quebecsolidaire.net mène à une « erreur 404 ».

Pour se relancer, il doit se montrer crédible sur d’autres sujets. S’inspirer par exemple de la sortie du député Alexandre Leduc, qui déplorait récemment que la « lutte contre le racisme [soit] parfois utilisée par certaines personnes pour remettre en question la place du français au Québec ».

Il répliquait à Paul Chablo, patron des techniques policières au cégep Abbott, qui avait réclamé que les recrues du SPVM puissent passer des tests d’entrée en anglais. C’était rafraîchissant, la défense du français langue commune n’est pas assez fréquente chez QS.